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Dès la fin du XIIe siècle, l'existence
d'un château à Boussagues est attestée dans les actes. En 1199, Guillaume
Aton de Curvalle remet en gage d'un emprunt à Déodat de Boussagues ce qu'il
possède dans le château de Boussagues, à l’exception de la tête du vieux
château (caput castri) de Boussagues: "in castro de Bociacis et in suis
terminis, excepto capite castri veteris de Bociacis". Ce texte fait supposer
l’existence d’un castrum novum qui sera effectivement cité dans un acte de
vente en 1218: "in castro novo de Bociacis" puis en 1256 dans une quittance
de dot: "Acta sunt hec in castro de Bociacis in domo nova". Domo nova
s’oppose alors au caput castris (vieux château). L'appellation "Tour de
Patau" qui est parfois rattachée à cette tour ne semble pas justifiée. En
effet, en 1885 Fournier indique dans son ouvrage sur l’histoire de
Boussagues: "la tour carrée à fenêtre géminée du château inférieur, portait
le nom de Tour de Patau, et c’est de cette dernière dont il est parlé dans
l’acte d’accord passé entre Bernard-Aton et Deodatus de Bossacie, en 1145".
Fournier date alors la tour, ainsi que l’aile du château auquel elle est
reliée au commencement du XIIe siècle. Or selon André Soutou, ce texte
mentionne simplement: "le château de Boussagues" (castello de Bociagas) et
"la tour de ce château" (turrem praedicti castelli) sans qu’il ne soit
jamais question d’une tour dite "de Patau". Les auteurs postérieurs
reprennent l'affirmation de Fournier ancrant ainsi cette appellation dans la
tradition populaire.
Pourtant, le texte sur lequel s'appuie Fournier semble plutôt désigner une
tour reliée non pas au château inférieur de Boussagues mais au château
supérieur. D'ailleurs, le château-bas n’est mentionné indirectement qu’en
1199 et par opposition au caput castris. Les deux châteaux de Boussagues
suivent un parti assez semblable et tous deux forment une partie de
l’enceinte. Pourtant, si une enceinte propre isole le château-vieux, rien
n’indique que c’était le cas pour le château-bas. Les formes et techniques
de construction permettraient de dater la tour sud-est de la fin du XIIe
siècle ou du début du XIIIe siècle. Cette partie sans doute affectée au
logis fut étendue par l'aile est au début du XVIe siècle. Les ailes nord et
ouest ont été ajoutées au XVIIe siècle comme le montrent les fenêtres hautes
refaites à la même époque. Dans les archives de 1827, Pierre Rey, capitaine
retraité est le propriétaire du château-bas alors indiqué comme "maison". Il
s’agit ici de l’aile ouest car l’aile est, est figuré à l'état de ruine sur
le cadastre ancien de 1826. Une photographie du début du XXe siècle montre
que le château est toujours sans couverture à cette époque. L'édifice a donc
connu des restaurations importantes, sans doute à partir du deuxième quart
du XXe siècle. En effet, une photographie issue du fonds Maurice Oudot de
Dainville constitué entre 1922-1935 révèle qu'à cette époque la couverture
du château est en place. Le château étant un édifice remarquable du bourg,
il mériterait une étude archéologique approfondie. Il serait notamment
intéressant de réaliser un plan des différentes phases de constructions de
ce château.
Au château "vieux" situé sur le haut du bourg répond le château "neuf" à
l’est. Le site présente un ensemble de bâtiments accolés en fer à cheval
autour d’une cour. Le bâtiment initial occupe le côté sud-est de la cour; il
s’agit d’une tour carrée à trois étages qui présente des assises de moellons
équarris auxquels se mêlent des assises de pierres de taille. Elle présente
au nord-ouest une porte haute sous arc plein-cintre dont l'encadrement
paraît avoir été repris, ainsi qu'un alignement de trous de poutre qui part
du côté gauche de la tour pour aboutir sous le seuil de la porte. Des baies
étroites rythment les élévations sud-ouest et sud-est. Au sud-est se trouve
une baie géminée à colonnette munie d’un chapiteau à crochets et couverte
d'arcs en plein cintre. A cette tour furent annexées des constructions plus
étendues: le corps central d’abord et plus tard la tour nord et l’aile
nord-ouest. Le corps central (aile sud-est) est construit de moellons
équarris en moyen appareil. Il est percé, sur le côté est, de deux croisées
visiblement reprises en partie haute et de deux archères en partie basse.
Les deux ailes accolées en équerre forment la partie nord-est du château.
La tour de l'angle nord, qui fait la jonction, est composée de moellons dont
les reprises sont visibles. Elle possède une croisée sur angle, sans doute
remontée, dont les meneaux, comme les encadrements, sont moulurés. Cette
fenêtre est surmontée d’un larmier à cavets. En partie haute de l'élévation
sud-est se trouve une demi-croisée avec encadrement mouluré et appui
saillant. Sur l'élévation nord-ouest, une croisée et une demi-croisée, sans
doute remontées, rythment les étages. Une porte, probablement percée à
l'époque moderne permet d'entrer dans le château depuis le bourg. Les
bâtiments encadrant la cour au nord-ouest étaient probablement réservés aux
communs. Deux descriptions permettent de comprendre l'aménagement intérieur
du château de Boussagues: la notice d'inventaire d'André Signoles qui fige
l'état du château dans les années 1970 et le recensement de Florence Journot
réalisé dans les années 1990. Ces travaux nous indiquent que la grande salle
du premier étage de l'aile sud-est est couverte d’une charpente sur trois
arcs diaphragmes dont le tracé est brisé et qui portent des traces de
reprises. (1)
château de Boussagues 34260 La Tour-sur-Orb, propriété privée, ne se visite
pas, visible de l'extérieur, en dépit de sa restauration au XXe siècle, il
garde un état de conservation notable et présente un fort intérêt
archéologique..
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source des photos :
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