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L'existence d'un château à
Boussagues est attestée dans les actes auXIIe siècle. Un seigneur de
Boussagues apparaît dans les textes en 1117, au moment où il donne en alleu
son château de Boussagues à Bernard Aton, vicomte de Béziers. Moins d’un
demi-siècle plus tard, en 1164, une transaction indiquant le périmètre
argentifère délimité par le vicomte de Béziers, associé à la vicomtesse de
Narbonne, inclut le château de Boussagues qui est cité "avec sa mine
d’argent". En 1189, Raymond Hugues vend à Déodat de Boussagues ce qu’il
possède dans le château de Boussagues: " in castello de Bociacis ". Ces
mentions nous laissent croire que le premier château de Boussagues était le
château-haut, mais celui-ci n'est formellement nommé qu’à la fin du XIIe
siècle. En effet, en 1199, Guillaume Aton de Curvalle remet en gage d'un
emprunt à Déodat de Boussagues ce qu'il possède dans le château de
Boussagues, à l’exception de la tête du vieux château (caput castri) de
Boussagues: " in castro de Bociacis et in suis terminis, excepto capite
castri veteris de Bociacis ". Dans ce texte, la distinction est clairement
faite entre le castrum (bourg) et le caput castri veteris (château-vieux).
En 1364, les habitants de Boussagues se réunissent dans la cour du château
de Boussagues: "in curte capitis castri de Bociassis" pour l'élection des
syndics. Comme le mot "caput" est lié au château-vieux, on peut en déduire
que la mention "capitis" dans ce texte désigne elle aussi le vieux château.
D'autres mentions se trouvent dans les actes, mais l'absence de qualificatif
ne permet pas de savoir s'il s'agit du château-vieux ou du château-neuf.
Les formes et techniques de construction permettent de dater la partie logis
à la fin du XIIe et au XIIIe siècle. La construction peut être attribuée à
un Déodat de Boussagues: cependant les seigneurs de Boussagues s'appelant
tous Déodat à cette époque, il est délicat d'apporter plus de précisions à
ce propos. Les autres bâtiments sont difficiles à dater. Au nord et au sud,
les constructions devaient s'accoler au logis comme en témoignent la porte
condamnée de l'élévation sud et les traces d'emprise d'une tour au nord. Le
mur de l'enceinte castrale est contemporain du logis et la porte à l'est fut
fortifiée par la suite par l'ajout de contreforts. Le bâtiment ruiné au
nord-est de l'enceinte castrale présente des formes plus avancées dans le
XIIIe siècle et vient s'appuyer sur le mur d'enceinte. Dans les archives de
1827, Pierre Salles, adjoint à la mairie est le propriétaire d’une terre
labourable au village qui se trouve sur la parcelle 115 du cadastre ancien,
à l’actuelle place du château-haut. L’édifice est d’ailleurs reporté à
l'état de ruines sur le cadastre de 1826. L'année d'après, Albert Fabre le
décrit. Il mentionne la pierre sculptée de l'élévation est et l'existence
d'un "donjon attenant au côté droit de la façade qui a été rasé jusqu'au
sol". La pierre sculptée est toujours visible de nos jours; quant au donjon
il a disparu mais on en observe effectivement les soubassements.
Concernant le bâtiment ruiné situé au nord-est de l'enceinte castrale,
plusieurs auteurs l'indiquent comme étant l'ancienne chapelle du château.
Fabre précise qu'un massif de maçonnerie à l'une des extrémités signale
l'emplacement de la tribune seigneuriale, ce décrochement que l'on peut
toujours observer indique effectivement la présence d'un encorbellement. En
dépit de son orientation est-ouest rien ne confirme qu’il s’agisse d'une
chapelle, le niveau du plancher et les deux grandes cuves au sous-sol étant
en revanche en faveur d'un bâtiment d'habitation ou de communs. En 2002,
l'architecte du patrimoine Laurent Dufoix restaure et effectue un
réaménagement intérieur du château. Le dossier de permis de construire
indique que seuls les murs extérieurs étaient encore en place et que les
éléments de pierres appareillées autour des baies avaient été vandalisés.
Les travaux effectués en vue de réaliser une résidence secondaire n'ont pas
modifié l'aspect extérieur de l'édifice ainsi que sa distribution
intérieure. Les escaliers intérieurs et extérieurs ont été restitués tandis
que les brèches existantes ont été conservées pour ouvrir le bâtiment sur
l'extérieur.
Le château-haut est entouré d'une enceinte de plan quadrangulaire que l'on
peut suivre à partir de l'angle nord-ouest; elle se prolonge par le mur
ouest du château puis effectue un retour d’angle vers l’est qui file ensuite
vers le nord. C'est à cet endroit que se trouvent les vestiges de l'entrée
primitive. Il s'agit d'une porte en calcaire clair au tracé brisé, encadrée
de contreforts sans doute ajoutés ultérieurement car ces derniers s'appuient
sur la porte. Dans la maçonnerie, on peut encore voir les traces du travail
de la pierre notamment avec des marques de laye et une pierre blanche avec
chanfrein. Le corps de bâtiment principal ou logis est de forme
quadrangulaire. Son élévation ouest constitue une partie de l'enceinte
castrale. Cette élévation présente un premier niveau avec cinq petites
meurtrières en hauteur, surmonté d’un étage comportant deux grandes brèches.
En haut de cet étage, on remarque un alignement de gouttières saillantes qui
doivent déterminer le bas du toit. Accolé au sud du logis, une construction
plus tardive avec toit en appentis permet de pénétrer dans la cour du
château. Cette pièce voûtée d'un berceau légèrement brisé est aujourd'hui un
garage. Au-dessus de ce bâtiment, les traces d'arrachement laissées dans la
maçonnerie indiquent qu'un édifice plus haut jouxtait le logis. En effet, la
brèche située au premier niveau atteste l'existence d'une porte de
communication à l'étage qui reliait bâtiment central et aile.
Sur l'élévation est et sur les vestiges conservés a été rebâti dans les
années 2000 un escalier extérieur d'accès à l'étage plus étroit en même
temps qu'a été reconstituée la porte à arc plein cintre avec encadrement de
calcaire blanc. Trois baies étroites et une grande brèche éclairent cet
étage, en haut duquel on remarque un alignement de pierres d'égouts
certainement surmontées à l'origine de tuiles canal. L'intérieur du logis
est composé de trois niveaux dont l’agencement simple se compose avec une
grande salle à chaque étage. La salle basse du logis était couverte d’une
voûte en berceau aujourd'hui en grande partie effondrée et remplacée par la
mise en place d'un plancher en béton sur l'ensemble du premier niveau. La
salle du premier étage était couverte d’une charpente supportée par quatre
arcs diaphragmes retombant sur des impostes en quart de rond et bandes.
Cette salle est éclairée par des ouvertures: les deux fenêtres à l'ouest ont
perdu leurs encadrements contrairement à celles de l'est qui sont en bon
état : il s'agit de baies étroites et hautes très ébrasées à l'intérieur et
couvertes en plein cintre. Les parements sont très soignés et il est
difficile de distinguer les baies qui ont été restaurées. Au sud-ouest du
mur, un aménagement maçonné sous un arc légèrement brisé pourrait être un
évier. La salle haute est éclairée par le haut de la brèche du premier
étage. On distingue facilement le chaînage de toit en arc légèrement brisé
sur les murs intérieurs nord et sud. L'ensemble du logis était donc
initialement couvert par une toiture à deux versants, masquée par la
surélévation du mur. C'est pourquoi on peut voir sur les façades extérieures
est et ouest des gouttières saillantes permettant le déversement des eaux de
pluie.
Un escalier droit situé dans l'épaisseur du mur de l'élévation sud permet
d'accéder au toit-terrasse. L'épaisseur des murs constitue le chemin de
ronde sur lequel se trouvait peut-être un ancien platelage. L'élévation nord
présente des assises régulières. Au pied du logis, on observe les
soubassements d'une construction indépendante aujourd'hui ruinée. A cet
endroit un mur part de l'enceinte à l'ouest jusqu'au bâtiment ruiné à l'est.
Sur ce mur se trouve de la roche taillée et ce qui semble être des latrines,
indiquant la présence d'un bâtiment adossé au chemin de ronde. Plus loin,
une poterne à l'arc légèrement brisé dont on observe des trous barriers
ménagés dans la construction où l'on peut voir un trou maçonné masqué par la
végétation. Au nord-est du mur d'enceinte du château se trouve un bâtiment
ruiné dont la fonction reste indéterminée. Il s'agissait d'une construction
à deux niveaux dont on distingue encore le départ des arcs-doubleaux sur
impostes qui supportaient la charpente de l'étage. Les ouvertures de ce
bâtiment ruiné se composent de fentes de jour et de deux brèches qui
indiquent que d'anciennes ouvertures ont été arrachées. Les tableaux ébrasés
et les impostes conservés ont sans doute appartenu à des fenêtres. Près de
l'angle sud-ouest de ce bâtiment ruiné, on constate un débordement de
maçonnerie avec un retrait de niveau et des consoles en pierre indiquant un
encorbellement. (1)
château du Castellas 34260 La Tour-sur-Orb, lieu-dit Boussagues, site
remarquable du village, le Castellas en dépit de son aspect ruiné garde un
état de conservation notable notamment concernant l'enceinte. De plus, le
site présente un fort intérêt archéologique.
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source des photos :
https://inventaire.patrimoine.occitanie.fr
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