|
Malgré les renseignements nombreux
dont on dispose dans les pages que Guillotin de Corson a consacrées au
Plessis-Godart et à Bonabry, un certain doute subsiste sur l'origine du
premier manoir. Le nom de Godart n'a dû être ajouté que lors de son
acquisition vers 1576 par Pierre Godart, sieur des Loges en Chantepie. Avant
de porter ce nom, le manoir s'est appelé le Plessis ou le Plessix et l'on
n'en connaît de déclaration distincte qu'à partir de 1499. Avant cette date,
Guillotin de Corson mentionne un aveu rendu par Pierre de Bonabry,
conseiller du Duc et auditeur de la Chambre des Comptes, pour la maison
noble du Plessix et Bonabry vers 1460. Comme les deux manoirs du Plessix et
de Bonabry ont appartenu longtemps aux Bonabry, quel manoir désigne ce
double terme, il est difficile de le savoir. En définitive, l'on est
seulement certain de l'existence du Plessix à partir de 1499 et Guillotin de
Corson vient renforcer cette constatation en ajoutant: "Le Réformation de
1513, en disant qu'il (Pierre de Bonabry, auteur de la déclaration du 24
juillet I499) possédait alors le Plessix, le désigne sous le nom de Pierre
de Bonabry l'aîné, par opposition à l'autre Pierre de Bonabry, mari de
Jeanne de Trieuc, qui possédait le manoir de Bonabry à cette même époque. Le
contexte historique de la construction, dans l'état actuel des recherches,
est inconnu,
L'indication de l'existence d'un manoir au Plessis en 1499, pour
intéressante qu'elle soit, ne nous renseigne pas sur la date de construction
de l'édifice actuel. Cet édifice, dont il ne subsiste plus que des ruines,
comporte-t-il des éléments de l'édifice mentionné à la fin du XVe siècle et
a-t-il subi des remaniements au XVIe et au XVIIe siècles comme en témoignait
ce que l'on sait des parties hautes d'après les cartes postales conservées?
Ou bien a-t-il été complètement reconstruit an XVIe sièole, nous ne
possédons pas les éléments suffisants pour répondre à ces questions. Les
constructions et terrains qui constituaient autrefois un ensemble complet et
cohérent nous sont connus par trois descriptions des lieux établies au
XVIIIe siècle. En résumé, en 1726, on mentionnait le manoir du Plessix, le
colombier, le portail, la rabine, l'ancienne motte de garenne; en 1758: "le
manoir du Plessis-Godart avec ses jardins, bois de décoration et avenue
conduisant au bourg de Pancé", à une date non précisée mais qu'il est
possible d'établir aux alentours de 1770, un état des lieux mentionne le
"manoir principal du lieu noble du Plessis-Godard, les métairies, étables,
écuries, fanneries, un portail sur lequel il y a un ancien colombier, un
jardin, le tout en un tenant, contenant près d'un journal et demi, cerné de
fossés de douves et de murailles". De ce domaine déjà en mauvais état au
début de ce siècle ne subsistent plus aujourd'hui que des ruines.
Le château du Plessis-Codard est situé à environ 500 mètres au Sud du bourg,
à quelques centaines de mètres du manoir de Bonabry et du château de le
Créole, sur le versant nord de la vallée du Semnon. La vue est dégagée au
Sud et au sud-ouest jusqu'à Le ville de Bain de Bretagne située au sommet du
versent sud de la vallées Le château est bâti sur une terrasse maintenue an
sud par un mur de soutènement à demi écroulé, limitée à l'est par un bois de
chêne, au nord par un mur de 1,50 nètre de hauteur ouvert par un portail à
trois piles carrées dont l'une est sonnée d'un tailloir en tuffeau, et à
l'ouest par un chemin de terre qui prolonge l'avenue d'accès à l'édifice et
conduit à la ferme du château. Les murs de l'édifice sont construits en
blocage de "grès de Poligné". Un grès semblable à celui des ouvertures de
Bonabry appelé "grès du Châtelier" a été utilisé pour certains jambages
d'ouvertures, le bois étant employé fréquemment pour les linteaux et appuis.
De la charpente et de la toiture d'ardoise il ne reste rien. Les degrés de
l'escalier en vis sont en grès. Le château du Plessis-Godard n'est plus
qu'une ruine dangereuse dont il subsiste une partie des murs extérieurs et
la tourelle d'escalier en façade. Du lierre couvre presque entièrement ce
qu'il reste des murs. Le plan du rez-de-chaussée est encore visible et
l'élévation de la façade principale nous est connue par une carte postale
prise peu de temps avant sa ruine.
L'édifice est un bâtiment isolé de plan rectangulaire allongé d'est en ouest
et aspecté au sud. Trois tourelles de plan carré l'accostent sur sa façade
postérieure et une tourelle d'escalier en éperon sur sa façade principale.
Un bâtiment rectangulaire était accolé à sa face latérale ouest; il n'en
reste plus de traces. Une toiture à comble brisé couvrait le château (carte
postale). Une grande complexité caractérise le plan au rez-de-chaussée. Un
refend longitudinal le divise en deux parties inégales (désaxé vers le nord)
et un refend transversal à l'est à deux décrochements le subdivise en deux
parties sans communication entre elles; on ne peut accéder aux deux pièces
Est que par des portes extérieures. L'absence d'ouvertures, si ce n'est une
fenêtre de taille réduite, permet de supposer qu'il s'agit là du cellier et
du bûcher. Le reste du rez-de-chaussée est subdivisé par des refends et des
cloisons qui déterminent des pièces communiquant entre elles et des réduits
à destination incertaine. L'entrée principale se faisait par les deux portes
de la tourelle d'escalier qui s'ouvrait sur un vestibule. Deux pièces à feu
(cheminée affleurée et cheminée adossée) devaient servir de cuisine (centre
nord) et de salle à manger (sud-ouest); celle-ci possédait un lambris à
panneautage rectangulaire (double arasement, raccord à moulures multiples et
coupes d'onglet, bâti à coupes carrées).
Les trois tourelles Nord communiquent avec l'intérieur de l'édifice et avec
l'extérieur. Leur rôle est d'autant moins définissable que la porte de la
tourelle centrale donnait sur un fossé rempli d'eau comme en témoigne le
plan cadastral de 1837. Il semble qu'elles n'aient qu'un but décoratif. Il
ne reste pas de traces actuellement du premier édifice construit au lieu-dit
le Plessix, ni même d'ailleurs de la motte féodale qui a vraisemblablement
été à l'origine du non. Le premier nom de Godard lié à celui du Plessix
apparaît en I576. Cette date pourrait correspondre au commencement des
travaux. L'analyse de l'architecture permet en effet de penser que l'édifice
date de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle. Le parti général
du plan indique tout d'abord la survivance de la tradition médiévale par
l'importance donnée aux tours: la tourelle d'escalier hors-oeuvre est placée
en façade et son rez-de-chaussée sert de vestibule d'entrée; les trois
tourelles postérieures, de plan carré, donnent encore l'illusion du rôle
défensif qui leur était attribué dans les édifices plus anciens. Mais les
lucarnes de la façade, dont l'une au moins était ornée de pilastres et d'une
coquille restent l'élément de datation essentiel: la fin du XVIe siècle où
le début du XVIIe (fronton triangulaire). L'édifice en ruines était
caractérisé surtout par sa médiocrité: médiocrité du matériau qui a provoqué
sa ruine, et médiocrité du plan où règne
l'incohérence. L'importance de l'édifice dans la région est donc nulle. On
note cependant dans le parti de la tourelle d'escalier une influence de la
tourelle de façade du château du Frétay distant seulement de deux kilomètres
et, plus proche, de celle du manoir de Bonabry.
château du Plessis Godard 35150 Pancé, propriété privée, ne se visite pas,
vestiges.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
Ille-et-Vilaine" tous les châteaux répertoriés à ce
jour dans ce département. |
|