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Durant la féodalité, Rigardon a été une
seigneurie mouvante "du Bailleul" en Hercé. Le seigneur en était en 1420
Jean de Rigardon, doyen de Charné ou quelqu'un des siens. La famille de
Froullay conserva toujours le fief, même si l'Abbé Angot, dans son célèbre
dictionnaire note que le domaine passa à Guillaume et Michel Le Moulnier, en
1497 et 1528, qualifiés sieurs du lieu. Ces gentilhomme n'étaient que des
locataires de Rigardon, comme Julien Pelé, sieur de la Gendrie, en 1678,
propriétaires de Tête-Louvine mais pas de Rigardon. Julien Pelé a habité
Rigardon, un acte notarié de Maître Le Baron, du 10 janvier 1678 indique
qu'il occupait "le logis seigneurial", sans doute à titre de gérant car le
propriétaire de cette époque est bien connu. C'est Monseigneur Gabriel de
Froulay, évêque d'Avranches, un des dix enfants de René de Froulay, baron de
Verbie en Haut Maine et d'Ambrières, premier comte de Tesse et de Marie d'Escoubleau
de Sourdis, sœur du Cardinal Archevêque de Bordeaux. Il avait dû recueillir
Rigardon dans la succession de ses parents, tandis que son frère Charles
avait Montflaux, qu'Emmanuel, chanoine comte de Lyon, recevait peut-être
Sainte Souline en Poitou: et leur aîné, René gardait tous ses biens de
Vernie, d'Ambrières de Saint-Fraimbault-sur-Pisse et de Couesmes. Dès la
disparition de Julien Pelé, Mgr de Froulay, s'occupa lui-même de ses
propriétés, comprenant: château, chapelle, fuie, retenue, ferme à Rigardon
même, une ferme aux Brosses, une à la Greslunière, une à la Chauvellière
(aujourd'hui la Chauvière) et une dernière à St-Mars-la-Futaie. Le 5 mai
1679, par acte de Maître Denis Germerie, notaire royal à Saint Denis, il
loua Rigardon à Pierre Forest, laboureur et lui remit 250 écus pour "peupler
la terre de bestiaux". Le 29 octobre 1680 devant l'autre notaire royal,
Maître Jean Le Baron, Mgr de Froulay donna sa ferme de la Greslunière aux
curés et prêtres de Saint-Denis et, en exécution des intentions d'André de
Froulay, son aïeul, à charge de célébrer une messe chaque dimanche et jour
de fête à la chapelle de Rigardon "Tant que ce lieu appartenait à sa
famille".
Après avoir appartenu pendant 60 ans à la famille de Hercé et avoir été
honoré de la visite de l'évêque de Dol, Rigardon va de nouveau changer de
main. Il est acheté par Madame Jeanne Thereau, veuve de Louis Duval des
Vallées, en son vivant bourgeois d'Ernée. Après avoir administré quelques
temps elle-même ses fermes et avoir notamment fourni une prisée de 327 écus
à Lanoë, fermier de Rigardon, de 900 écus à Pouteau, fermier des Brosses,
Madame Duval installe son fils, Michel Charles Duval du Breil dans sa
nouvelle propriété. M. de Barlier, curé de Saint-Denis, bénit son union avec
René Gallery de la Tremblaie. En 1787, M. et Mme Duval du Breil devaient
abandonner Rigardon pour devenir intendants du marquis de Montécot au
château de Lévaré. Ils le louèrent alors aux époux Bouessière. Bien qu'ils
eussent acheté une maison avec jardin dans le bourg de Saint-Denis, ils
restèrent à Lévaré durant toute la révolution. Au début du XIXe siècle, ils
marièrent leurs trois filles et vendirent Rigardon à la famille d'Helland.
La famille d'Helland le vendit en 1857. Au XXe siècle le château de Rigardon
appartenait à M. Jean Louis Poirier Coutansais, exploitant agricole...
château de Rigardon 53500 Saint Denis de Gastines, propriété privée, ne se
visite pas.
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