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Château de Preisch à Basse Rentgen
 
 

 Il résulte des recherches faites dans le grand Duché de Luxembourg, que les nobles de Preisch ou Pris existaient déjà vers 1083; du moins il en est fait mention dans la charte, par laquelle le comte Conrad, à l’occasion de la fondation de l’abbaye de Munster au pied du château de Luxembourg, a doté cette abbaye de riches revenus. Mais, le premier nommé et bien désigné est le suivant. Albert de Pris ou Preisch est le plus ancien seigneur de Preisch connu par des documents historiques. Il est mentionné dans la charte de fondation de l’abbaye de Munster, à Luxembourg, rédigée en 1122. Henri de Pris est témoin dans la charte de fondation de la paroisse de Saint-Nicolas, à Luxembourg, souscrite en 1166. Siegfried de Pris est mentionné dans un acte de fondation cité dans un cartulaire de l’abbaye de Munster, à Luxembourg, en 1182. Hubert de Pris fut un des chevaliers présents aux noces d’Ermesinde, fille de Henri de Luxembourg, dit l'Aveugle, avec Valerand de Limbourg, en 1214. Mathias de Pris vivait en 1214. Conradus de Prisch, abbé de Munster, transigea avec les échevins de la ville de Luxembourg au sujet du droit de Stephania dû à Esch-sur-Alzette, le 12 mai 1227. Dans cette transaction intervint Reinard de Rodemack. On retrouve Conrad de Prisch comme abbé de Munster, à Luxembourg, dans deux chartes de 1241 et de 1277. Théodore de Preisch ou Preiscario scella, comme témoin, en 1237, la charte d’affranchissement de la ville d'Echternach, octroyée par Ermesinde de Luxembourg. Hugues de Boust, seigneur de Preisch, vendit les droits qui lui étaient échus sur les dîmes de Kattenheim aux religieuses du monastère du Saint-Esprit, à Luxembourg en 1243. Guillaume de Preisch, chevalier, sénéchal ou gouverneur de Luxembourg en 1308, est seigneur de Preisch. Jutta, veuve dudit Guillaume, fait don à l’abbaye de Saint Maximin de Trêves, de tous ses biens, ainsi que des dîmes saliques que feu son époux et elle tenaient en fief de ladite abbaye, en 1309. Il était fils de sire Ernest de Pries.

Ludovic de Preisch a été arbitre dans un différend existant, en 1328, entre le chapitre de Saint-Simeon de Trêves, et Garsilius de Freyttorf, au sujet de la terre de Nincheringe. Mathias de Preisch, écuyer, faisait partie du siège des nobles de Luxembourg, en 1346. Jean, Walthier, Mathias et autre Jean de Preisch, frères, déclarent être devenus les hommes féodaux de Cunon, archevêque de Trêves, qui leur a fait la grâce, entr’autres, de rendre à la liberté Guillaume de Prys, leur frère. Mathias de Preisch, reconnaissait devoir au couvent de Munster, à Luxembourg, et à Simon de Hundelange, abbé dudit couvent, par acte du 22 septembre 1370, la somme de 60 petits florins, etc. Mathias de Preisch et Jean, son fils, déclarèrent par acte du 24 février 1374, avoir vendu au couvent de Munster leur ferme de Kraekelscheur et ses dépendances, située entre Aspelt et Frisange, en paiement de l’argent que ledit couvent leur avait prêté l'année précédente. Elisabeth, duchesse de Luxembourg, née margravine de Moravie et de Gorlitz, confisqua la seigneurie de Rodemack et toutes ses dépendances, en 4447, parce que le seigneur de Rodemack (Rodenbach), qui en était le possesseur, s’était soulevé contre son autorité. Preisch fut également confisqué, à cause de son château fort; mais Rodemack fut rendu dans la suite au fils du dépossédé, à raison des droits de sa mère. En effet, nous voyons les seigneurs d’Ottange, possesseurs de la seigneurie de Preisch, depuis 1443, et hommagiers des seigneurs de Rodemack, en 1473. Colin d’Ottange ou Uttingen, seigneur d’Ottange, de la châtellenie de Longwy, acheta en 1443, la terre et seigneurie de Preisch. Il promit fidélité à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 4454, en qualité de seigneur de Preisch. Il eut deux fils Gérard et Jean. Jean d’Ottange, fils du précédent, seigneur d’Ottange, releva le fief noble de Preisch, de Gérard de Rodemack, en 1473.

L’empereur Maximilien 1er et son fils Philippe, qui avaient confisqué, en 1483, tous les biens situés en Luxembourg à Gérard de Rodemack, les donnèrent à Christophe de Bade, qui avait épousé la fille de Frédérick, comte de Moërs et de Sar werden, par diplôme signé à Metz, le 15 novembre 1492. Christophe, margrave de Bade, seigneur de Rodemack, disposa du fief féodal de Preisch, en faveur de Gérard de Gulich, qui en fit le refief le 21 avril 1500. Il existe dans les archives de Luxembourg, un titre, du jeudi après Pâques an 1500, par lequel Christophe de Baden déclare avoir donné en fief à Gérard von Gulich la maison de Preisch, avec ses dépendances, que ce dernier vendit à Jean de Schawenbourg, le 20 juillet 1514. Aux archives du duché de Luxembourg, dans la collection des relevés de Fiefs, sont deux titres de la même date 21 avril 1500, au nom de Christoff von Gottes gnaden margrave zu Baden, etc, et de Gerhart von Gulich, relatifs au fief de Preisch. Jean-Marquard de Schawenbourg, chevalier, prévôt de Luxembourg en 1510, fut mis en possession de la terre et seigneurie de Preisch, relevant en fief du seigneur de Rodemack, sous la suzeraineté des souverains de Luxembourg, en 1514. Jean de Schawenbourg avait épousé, vers 1500, Françoise de Brandenbourg. Il eut sept enfants, savoir: Anne, mariée avec Françpis de Mérode; 2° Bernard, qui épousa Magdeleine de Naves; 3° Christophe; 4° Maximin, qui était au siège des Nobles, en 1547; 5° Hartard; 6° Magdeleine, mariée à Jean II de Naves; 7° Gertrude. Jean mourut le 3 juillet 1523 et fut inhumé à Preisch. Bernard de Schawenbourg, seigneur de Schudburg, gouverneur de Thionville en 1565, fils aîné de Jean, succéda à son frère cadet en la seigneurie de Preisch. Bernard avait épousé Magdeleine de Naves. Bernard de Schawenbourg mourut le 9 mars 1576, sans laisser d’enfants. Alors, Preisch passa à sa sœur Anne de Schawenbourg, femme de François de Mérode. Ceux-ci eurent de leur union deux enfants Evrard et Elisabeth de Mérode auxquels ils laissèrent, par moitié, la terre et seigneurie de Preisch et les dîmes de Mammeren, village situé près de la ville de Luxembourg.

Evrard de Mérode, co-seigneur de Preisch, avait épousé Mathilde ou Mecthilde de Rougraffe, dont il eut Robert de Mérode, seigneur de la Vaux, mort en 1590 sans enfant; 2° Elisabeth, mariée au baron des Salles; 3° Marie, épouse de Gérard d’Oyenbrugge de Duras de Roost; 4° Anne, femme de Zeghert de Groesbeck; 5° Marguerite, à laquelle son père donna sa moitié de la terre de Preisch; mariée à Conrad de Soëtern. Elisabeth de Mérode n’ayant pas eu d’enfant, elle donna sa moitié de la terre de Preisch, par son testament du 14 mars 1597, à Elisabeth de Mérode, fille d’Evrard, sa nièce et filleule, mariée avec messire Henri des Salles. Elisabeth était aussi en possession des terres de Bertrange, Fontoy et Clémancy, qu’elle donna à Marie de Mérode, sa nièce, mariée, en 1602, à Evrard d’Oyenbrugge de Duras de Roost, qui eurent un fils nommé Guillaume, marié le 12 décembre 1629, avec Antoinette de Carré, dont il eut Gérard et Anne-Marie d’Oyenbrugge de Duras de Roost mariée à Gilles-Ferdinand,baron de Rallier. La dame d’Assonleville de Hauteville, née de Mérode, mourut le 6 août 1597. Par arrêt du grand conseil de Malines, du 19 juillet 1645, un huitième de la terre de Preisch fut dévolu à Evrard d’Oyenbrugge de Duras de Roost, du chef de Marie de Mérode. Marguerite de Mérode, IVe fille d’Evrard et de Mathilde de Rougrave, mariée avec Conrad de Soetern ou Zoetern, à qui elle apporta en dot la moitié de la terre et seigneurie de Preisch. Elisabeth de Mérode, sœur de Marguerite de Mérode, femme de Henry des Salles, baron de Rorté, seigneur de Coussey, etc, furent mariés le 20 novembre 1595. Ils eurent deux fils dont Claude des Salles, qui épousa, le 6 janvier 1618, Marie d'Aucy, et Philippe des Salles. On établit Claude en Lorraine, en lui donnant tous les biens situés dans cette province, tandis que ceux situés dans le pays de Luxembourg furent dévolus à Philippe des Salles, baron d’Einville.

Philippe des Salles, fils cadet du précédent, à qui la terre de Preisch fut constituée en dot et sur une partie de laquelle fut reconnu le douaire de sa femme, demoiselle de Gultlingen. Philippe des Salles obtint un arrêt du conseil souverain de Malines, du 14 juillet 1644, contre Philippe-Christophe de Zoëtern, qui débouta ce dernier de ses prétentions sur la terre et seigneurie de Preisch. Les biens de Philippe des Salles furent mis sous séquestre, en exécution d’un arrêt du conseil de Luxembourg, en 1648. Enfin, la succession obérée de ce dernier, notamment Preisch, tomba aux mains de créanciers, à défaut du paiement de 4000 patacons, savoir: dame veuve Nicolas Herman, Pierre Rodemacheren, Nicolas Aldringer, Jean Osbourg et Anne, veuve Mathelin. Ceux-ci jouirent longtemps des produits du domaine de Preisch et des dîmes de Mammeren; ils en ont joui jusqu’au 9 juillet 1685; qu’ils signèrent une cession de leurs droits, pour leurs 4000 patacons, en faveur de messire Gilles-Ferdinand, baron de Rahier. Philippe des Salles eut cinq enfants, dont deux seulement lui ont survécu: François et Jean-Werner des Salles. François est passé inaperçu. Philippe des Salles mourut en 1647. Jean-Werner des Salles, qui institua pour son héritier, par testament du 31 janvier 1658, Jean-François Ignace d’Ouren, son cousin, fils de son curateur. Il mourut, la même année, n’étant pas majeur de 25 ans. Ce testament fut frappé de nullité. Gilles-Ferdinand, baron de Rallier, seigneur d’Izier, mari de Anne-Marie d’Oyembourg, comtesse de Duras de Roost, racheta la créance des créanciers, 4000 patacons, et prit officiellement possession de la terre et seigneurie de Preisch, le 9 juillet 1685. Madame veuve baronne de Rallier, née d’Oyembourg, comtesse de Duras et de Roost, rendit foi et hommage et donna le dénombrement de la terre et seigneurie de Preisch, en 1692.

Louis-Ignace de Rallier, hérita en vertu du testament des précédents ses oncle et tante, qui n’eurent point d’enfants, en 1728. Mais, il fut dès le principe troublé dans la jouissance de ce domaine, dont il se désista, après l’arrêt du 22 janvier 1732, rendu en faveur de dame Marguerite de Pally, veuve de Coullemont. François-Joseph de Chivot de Coullemont, fils de Maximilien et de Marie-Marguerite de Pally, descendant de la maison de Mérode, de par les femmes, époux de dame Marie-Catherine Lombart, était en possession de la terre de Preisch, en 1746. Marie-Catherine Lombart, veuve de François-Joseph Chivot, dame de Coullemont et de Preisch, rendit foi et hommage au roi, pour cette dernière terre, devant la chambre des Comptes, à Metz, le 17 novembre 1748, et remit son aveu et dénombrement le 24 mars 1749. Elle plaida au nom de son fils mineur François-Joseph-Albert, né le 31 octobre 1736. Claude-Gustave-Chrétien des Salles, marquis de Bulgnéville, baron d'Einville, etc, maréchal des camps, chambellan du roi de Pologne, arrière-petit-fils de messire Claude des Salles, qui avait renoncé à son droit d’aînesse en faveur de Philippe, son frère puîné, rentra en possession de la terre et seigneurie de Preisch, en 1753. Il rendit foi et hommage au roi pour la terre et seigneurie de Preisch, dont il remit l’aveu et dénombrement, le 14 juin 1754. François de La Salle ou Lasalle, fit acquisition de la terre et seigneurie de Preisch en 1764. Il fit procéder à un arpentage général et dresser un plan géométral de ce vaste domaine et releva la potence, située sur un point culminant, à la lisière du bois Rouge, en signe de la haute, moyenne et basse justice, qu’il avait sur toute l’étendue de ses terres seigneuriales. Cette potence relevée figure sur le plan de 1767. C’est à François de La Salle que l’on doit la construction de la chapelle de Preisch vers 1773.

Antoine de La Salle, fils du précédent, seigneur de Preisch, Hagen, Evrange et autres lieux, mari de Rose Martin de Martinfort, était en possession de Preisch en 1781. Il mourut, à Metz, le 26 mai 1789, ne laissant qu’un fils mineur. François-Antoine de La Salle, fils des précédents, né à Metz le 25 avril 1785, au nom duquel on vendit, par voie d’adjudication publique, à Thionville, le 16 septembre 1789, le domaine de Preisch. Charles-François-Philippe Van den Broeck, baron de Jamoigne, acquit la terre de Preisch des héritiers de La Salle le 16 septembre 1789, au prix de 200,000 francs. Ce domaine fut respecté, à l’époque de la Révolution, parce qu’il appartenait à un étranger. C’est le même qui acheta le pré de la Chapelle, enclavé dans la propriété de Preisch, vendu révolutionnairement en 1791, et l’annexa au parc. M. Ch. Van den Broeck et dame Anne-Marie Van der Dussen, son épouse, vendirent le domaine de Preisch le 12 février 1812. Du Theil, inspecteur-général des forêts, et César Le Prud’homme de Fontenoy de Chatenoy, vendirent la terre de Preisch le 31 mars 1812. Jacques Milleret acheta des précédents le domaine de Preisch au prix de 168,000 francs. Il agrandit le parc et réunit en un tout la propriété de Preisch, par suite d’une quantité d’acquisitions et d’échanges, et créa le beau jardin anglais qu’on y admire. Barbe-Elisabeth-Justine Dejean, acquit le domaine de Preisch, à la suite de la faillite de M. Milleret, le 13 mai 1833, au prix de 340,200 francs. Elle mourut, à Metz, en 1847. Alexandre-Auguste, comte Batowski, et Dorothée Louise Augustine, comtesse Batowska, sa sœur, épouse de Valentin-Auguste-Guillaume, acquirent le domaine de Preisch le 15 août 1834. Ils sont inhumés à Preisch, où l’on voit leurs tombeaux, près de la chapelle. Louis-Albert Cuvelier-Wurth, acheta le château 210,000 francs, le 15 novembre 1852, qu’il céda par acte public, du 28 décembre de la même année, à M. le baron Edouard de l’Espée, et à madame Marie-Joséphine de Gargan du Chastel, son épouse.

Les nouveaux propriétaires entreprirent des travaux de restauration du château et d’embellissements du parc. Travaux que la mort de M. le baron de l’Espée vint interrompre (13 juillet 1855). A la suite de ce triste évènement, Madame la baronne de l’Espée ne pouvant plus supporter le séjour de Preisch, céda ce domaine à son frère, M. Charles de Gargan du Chastel, qui en prit possession la même année. Il continua les créations, restaurations, améliorations et embellissements entrepris par son beau frère. C’est M. Charles de Gargan qui a fait opérer la riche et élégante transformation de la chapelle de Sainte-Magdeleine de Preisch, commencée en 1862 et terminée en 1865. Charles de Gargan a acquis, de 1869 à 1872, de divers possesseurs, les ruines de l’ancien château-fort de Rodemack, pour en faire une dépendance de Preisch, qui en dépendait avant 1659. M. Charles-Joseph de Gargan, né à Metz (Moselle), le 20 mars 1831, est le IIIe fils de M. Théodore-Charles Joseph, baron de Gargan du Chastel, né à Inglange (Moselle), le 9 août 1791, et de madame Marguerite Joséphine de Wendel; il a épousé, à Luxembourg (Grand Duché), le 17 mai 1859, Mademoiselle Marie-Magdeleine-Emilie Pescatore, d’une ancienne famille originaire de Lombardie. Ils résident, depuis 1874, à la Villa Vauban, à Luxembourg. M. Charles de Gargan avait été élu, par les électeurs du canton de Cattenom, le 19 juin 1864, membre du Conseil d’arrondissement de Thionville; et, en juin 1870, membre du Conseil général du département de la Moselle, pour le canton de Cattenom, duquel dépendait le domaine de Preisch. Quatre des enfants de M. Charles de Gargan sont nés à Preisch.

Description du château, de la chapelle et du parc de Preisch:

Le château actuel de Preisch, vaste résidence, a été construit vers le commencement du XVIIe siècle, lorsque ce beau domaine fut complètement réuni sur la tête de Marguerite de Mérode et sur celle de Conrad de Zoëtern ou Soetern, son mari. Messire Henri des Salles dénombra le château, à la suite de sa prise de possession de la seigneurie de Preisch. Le château existait donc en 1624, avec la maison-forte, comme l’indiquent également un certain nombre de pierres de taille, posées sous l’entablement des façades et des tours du château, à des distances égales les unes des autres. Ces pierres portent enlacées les initiales C. S. M. qui sont celles de Conrad, Soetern, Mérode. La principale façade du château, élevée de deux étages, est exposée au midi; elle est sans ornement, percée de grandes fenêtres à la moderne, remplaçant les anciennes croisées. Il n’y avait de ce côté qu’une grande entrée à plein-cintre en pierres de taille, dans le style de celles qui se trouvent aux façades opposées, et une porte cintrée ordinaire donnant accès à la salle à manger. Il est à remarquer que cette grande entrée n’est pas au milieu de la façade, tout en datant de la construction première, et qu’elle est dans l’axe de la principale entrée du château; devait être surmontée de quelques décorations, dont on aperçoit encore les supports en pierres de taille dans la maçonnerie; elles auront été martelées lors du remaniement de la façade, mise à la moderne par M. de Lasalle. Les croisées du deuxième étage ayant été agrandies par en bas, coupaient en douze endroits le cordon de pierre en relief qui régnait tout le long de la façade, ce qui était très disgracieux à l’œil et engagea M. le baron de l’Espée à le supprimer. Un large porche reliait ces deux principales entrées du château du Nord au Sud.

A chaque extrémité de cette façade s’élève une grande tour carrée, ayant environ 23 mètres d’élévation, recouverte en ardoises, à quatre pentes d’eau; terminée en pinacle, dont la pointe est surmontée de la girouette seigneuriale. Ces deux tours sont sans ornement. Leurs ouvertures ont aussi été remaniées comme celles des façades du château. On remarque, sous les corniches des tours, trois pierres de taille, plus hautes que larges, portant enlacées les lettres initiales: C. S. M.; elles sont placées une à chaque angle et une au milieu, celle-ci porte au-dessus et au-dessous du chiffre C. S. M. un cœur sculpté. Ces pierres sont répétées ainsi douze fois sur chaque tour, c’est-à-dire trois fois sur chaque lace, et ensuite plusieurs fois sur les façades du château, à l’exception de la principale, comprise entre les deux tours. Cette partie ayant été complètement remaniée, on aura fait disparaître les pierres aux initiales des fondateurs du nouveau château de Preisch. Ces deux tours ne sont engagées dans la construction du château que pour un huitième; elles forment des avant-corps sur deux faces. Les murs du château ont 92 centimètres d’épaisseur. A la façade de l'est sont deux portes-fenêtres, précédées d’un perron en pierre, élevé de quelques marches, conduisant au grand salon ou salon d’été. Puis, au contour, on trouve la façade postérieure, exposée au nord, milieu au de laquelle est une double entrée cintrée, avec frontons triangulaires, précédée d’un large perron dallé, élevé de plusieurs marches, donnant sur un corridor qui dessert les pièces du rez-de-chaussée, et vers l’extrémité ouest se trouve la principale entrée du château. L’entrée principale du château est élevée de deux marches; toute la maçonnerie qui l’entoure et la surmonte, jusqu’à la corniche, est en pierres de taille appareillées; elle est en plein-cintre, fermée par une grande clef saillante. Un large entablement règne sur tout l’entourage de la porte;' il est surmonté, entre deux grandes niches à demi-coupole, destinées à recevoir des statues de grandeur naturelle, d’un encadrement en pierre saillant, de deux mètres carrés environ, dans lequel se voient en sculpture les deux blasons accolés de Conrad de Soetern et de Marguerite de Mérode, sa femme, soutenus par un lévrier et un lion rampants; avec leurs cimiers et leurs lambrequins.

Au-dessous de ces deux écussons, toujours dans le grand encadrement de pierre, est un autre cadre de pierre en relief, plus large que haut, destiné à recevoir une inscription. Tout à fait au-dessus de cette décoration et sous la corniche du château, est une des pierres portant les initiales enlacées G. S. M. (Conrad, Soetern, Mérode). Cette entrée et sa décoration sont dans le style du règne de Louis XIII; elle a été dégradée à l’époque de la Révolution. Près de cette grande entrée, autrefois en correspondance directe avec celle de la principale façade, par un large porche voûté, s’arrête la façade de ce côté du château, où elle forme un retour d’équerre ou un angle rentrant avec le commencement d’une autre façade, dans le même style que la précédente, et dont la construction a été brusquement arrêtée. Dans la partie terminée, se trouve un grand escalier de pierre en colimaçon, aux marches très larges, correspondant à tous les étages du château et qui devait aussi desservir ceux de ce corps. Il est évident que c’est le résultat d’un plan abandonné ou inachevé. Au-dessus de la toiture, couvrant la cage de l’escalier, est la cloche d’alarme ou du service du château. On pénètre dans cette partie, qui nous offre extérieurement un spécimen de l’architecture primitive du château moderne de Preisch, par une grande porte cintrée, dans le même style architectural que les deux autres; cette porte et les ouvertures des étages supérieurs sont bien de l’époque de la construction première. On a ensuite continué ce tronçon de bâtiment en y appuyant des constructions plus modernes, encadrant au nord et à l’est le parterre, ouvert dans sa largeur du côté du parc. Ces dernières constructions servent de remises, selleries, écuries, etc. Derrière ces bâtiments est la ferme intérieure, avec ses dépendances; le moulin, mu par les eaux de l’étang, sur une des portes duquel on voit le millésime 1731; les jardins fruitiers; les jardins potagers; etc. La tour du pigeonnier est isolée, entre le parterre et le parc, près de la pièce d’eau.

En pénétrant dans le château, par une des entrées de la façade, donnant sur le parterre, on se trouve dans un corridor qui dessert toutes les pièces du rez-de-chaussée, et le grand escalier d’honneur, à deux pentes, conduisant aux étages supérieurs. Au premier palier se trouvent deux grandes niches à demi-coupole, pratiquées dans l’épaisseur du mur, faisant face aux escaliers montant et descendant à ce palier, dans lesquelles on voit deux armures de chevaliers complètes, au port d’arme. Les corridors du rez-de-chaussée et ceux du premier étage sont transformés en galeries d’antiquités: armures de chevaliers complètes de diverses époques, dont quel ques-unes fort remarquables; des casques et des heaumes variés; des armes de guerre anciennes de toutes sortes, de différentes époques; quelques-unes très rares et très curieuses; des meubles antiques, notamment de beaux bahuts richement et artistement décorés de sculptures. En peu de mots, le château de Preisch renferme un vrai musée de tableaux, d’objets d’art, de fort belles tapisseries, ou tapis de haute lisse, offrant des sujets variés. Dans le grand salon (ou salon d’Eté) on remarque entre deux ouvertures, dont l’une donne accès à la pièce du rez-de-chaussée de la tour de l’est, une magnifique cheminée à grand manteau (Louis XIII) en pierre blanche et marbre noir, armoriée et artistement décorée de belles sculptures. M. Charles de Gargan en a fait acquisition, en 1869, et l’a fait monter en cet endroit. Cet élégant foyer provient de la maison du chanoine-doyen Jean Midot, de Toul, dont cette belle cheminée porte les armes. On remarque sous son manteau une jolie paire de landiers ou chenets anciens. Dans cette pièce sont de très beaux meubles en marqueteries et autres. De cette pièce, on communique au petit salon par une porte à deux battants. La décoration du petit salon con siste en une série de portraits de famille, de belles tapisseries de haute lisse, et d’objets d’arts.

Au-delà du grand escalier d’honneur, se trouve la salle à manger, qui est voûtée en trois travées, à nervures saillantes avec clefs, divisées par deux arceaux ou cintres. Cette pièce est éclairée et aérée, à ses deux extrémités, au midi et au nord, par des portes vitrées ouvrant sur le parc et sur le parterre. Au premier étage, est un corridor régnant sur toute la longueur de la façade nord du château et desservant les pièces de cet étage, d’abord la chambre de l’Evêque, désignée ainsi, dans la famille de Gargan, depuis qu’elle a été occupée par Monseigneur Paul Du Pont des Loges, évêque de Metz, lors de la consécration de la chapelle de Preisch. C’est la chambre d’honneur de séant. Sa Grandeur a reposé dans le superbe lit à l’Ange (ou à colonnes et à dais), qui orne cette pièce, dont l’ameublement antique est des plus riches et des plus curieux pour les vrais connaisseurs. On y admire un Christ bysantin très ancien, dans le genre du Christ des Croisés, conservé dans l’insigne basilique de Saint-Saturnin à Toulouse, et une croix, en cristal de roche, montée en bronze sculpté et doré, dont les bras se terminent par une fleur de lys. Prés de la chambre de l’Evêque était celle de M. l’abbé Villette, chapelain de Preisch, de vénérée mémoire dans la famille de Gargan. Cette pièce en a conservé le nom. Les ameublements des autres chambres du premier étage du château et des tours sont variés: meubles antiques, Renaissance, Louis XV, Louis XVI, modernes, etc. En un mot, chaque pièce représente une époque ou un style. Nous ne devons point passer sous silence les Archives intéressantes que M. Charles de Gargan réunit dans son château, sur sa maison, sur celles de ses alliés, sur leurs anciens fiefs nobles et plus particulièrement sur ceux de Preisch, de Rodemack, de Rettange, d'Inglange, etc, qui ont appartenu à la famille de Gargan. Le grand escalier en pierre est continué jusqu’au second étage où sont les chambres de service du château, etc.

A quelques mètres de la tour flanquant la façade principale du château, à l’ouest, s’élève la jolie et élégante chapelle de Sainte-Magdeleine de Preisch. M. Charles de Gargan mit son projet de restauration à exécution, en appelant à son aide toutes les sommités artistiques du pays. On se mit donc à l’œuvre, en 1862, et on parvint à produire un monument d’art; à transformer la modeste chapelle de Preisch en un somptueux monument religieux. Nous voudrions bien savoir le détailler, le disséquer; en un mot le faire voir ce qu’il est, tellement il est beau. Mais, nous sommes persuadé qu’après avoir lu notre description, ceux qui visiteront ce sanctuaire consacré à la divinité par l’art et la religion, nous trouveront encore bien au-dessous de la réalité. On ne peut dire la restauration de la chapelle de Preisch; la transformation de la chapelle de Preisch est mieux dit et mieux approprié dans l’espèce. Ceux qui seront assez heureux d’être appelés à apprécier, à examiner, à juger, se prononceront. Tout d’abord on a creusé et construit, sous le sanctuaire, une crypte souterraine devant servir à la sépulture des membres de la famille de Gargan. L’entrée qui y conduit est à l’extérieur; on y descend par un escalier de pierre. Dans cette crypte voûtée se trouvent dix-huit cases ou sacellum sur trois rangs superposés; ces cases se ferment à l’aide d’un tampon en pierre, qui doit recevoir l’inscription relative au défunt déposé dans chacune d’elles. Ces sacellum ont une profondeur de 2 mètres 20 centimètres sur une largeur de 80 centimètres et sur une hauteur de 50 centimètres. L’espace réservé, en avant des cases, est demi-circulaire comme le chevet ou le sanctuaire qui se trouve au-dessus, dont il a, à peu de chose près, la grandeur, et une élévation d’environ 2 mètres 30 centimètres. Dans un des sacellum repose le corps de Pierre Henri de Gargan, né le 25 mars 1872 au château de Preisch, où il est décédé le 31 août 1873. On construisit ensuite, à l’extérieur de la chapelle, une sacristie, appliquée au chevet, entre les deux fenêtres du sanctuaire; l’entrée est à l’intérieur, derrière l’autel qui la dissimule. Cette sacristie a, en plan, la forme d’un octogone qui serait inscrit dans un cercle de 3,90 mètres de diamètre; intérieurement, elle est éclairée par deux doubles fenêtres en plein-cintre; elle aussi est voûtée avec nervures en pierre. Pour la décoration de la chapelle on a adopté le style de la Renaissance monumentale du XVIe siècle. Les principaux motifs de décoration ont été empruntés, après les avoir appropriés à leur destination, aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu’à celui de Louis XIV, et plus particulièrement sous celui de Henri II. Toutes les parties neuves ont été refaites en pierre jaune provenant des carrières de Neufchef et de Jaumont.

Le parc de Preisch, entouré d’une muraille est d’une superficie totale de 163 hectares. Cette clôture extraordinaire doit remonter, comme origine, à M. François de Lasalle, seigneur de Preisch, de 1764 à 1780. C’est lui qui fit faire la limitation officielle de ce beau domaine, en 1767. Le parc renferme encore aujourd’hui une partie de la voie romaine établie entre Metz et Trêves; les ruines de l’ancien château-fort, entourées de larges fossés remplis d’eau; le château moderne, avec toutes ses dépendances; la belle chapelle de Sainte Magdeleine, etc. M. Jacques Milleret agrandit le parc et commença en 1812 la création du jardin anglais, qui fait l’admiration des amateurs. M. de l’Espée s’appliqua principalement, de 1852 à 1855, à la création d’un jardin potager et fruitier modèle, et à la restauration des murs du parc, qui menaçaient ruine de toutes parts. Mais sa mort prématurée le surprit au milieu de ces travaux. Son successeur y a fait creuser un étang de 20 ares en vue du château; il en a fait faire dans le parc plusieurs autres destinés autant à l’entretien du gibier, daims et chevreuils, qu’à orner les promenades qu’il y a créées ou remises en état. La position basse du château porta M. de Gargan à faire dans les plantations voisines plusieurs grandes percées ou éclaircies, dont l’axe permet d’apercevoir les côtes de Sierck, situées à 10 kilomètres; une autre qui encadre l’élégante église d'Evrange; la troisième, en face de la grande tranchée du bois Rouge. Du chalet élevé à l’un des angles dudit bois, on découvre à 48 kilomètres de distance, la cathédrale de Metz, qui se détache comme un navire à l’extrémité de l’horizon. (1)

Éléments protégés MH: la motte féodale avec son enceinte et ses douves ; les façades et les toitures du château, du pigeonnier et des pavillons d'entrée, ainsi que l'escalier droit du château : inscription par arrêté du 24 juillet 1986 . La chapelle et la croix de seigneurie : classement par arrêté du 10 mai 1995. (2)

château de Preisch 57570 Basse Rentgen, tél. 03 82 83 44 71 - 06 72 43 68 01, ouvert du 18 avril au 18 octobre, samedi, dimanche et jours fériés de 11h à 18h. Location de salles et du parc de réception. Nous remercions chaleureusement le propriétaire du château pour l'accueil lors de notre passage.


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(1)       Monographie de la seigneurie de Preisch (Lorraine), par Alphonse Brémond, imprimerie de C. Thomas, Metz (1879)
(2)   
    source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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