|
Maison de campagne appartenant à une vieille famille issue de la noblesse
d'épée du terroir, le château de Flambermont fut vraisemblablement édifié
vers 1745 à la demande d'Augustin-Charles de La Vacquerie. Selon les titres
conservés aux Archives départementales de l'Oise, la famille résidait
ordinairement au sein de la ville de Beauvais. La régularité de la
construction ainsi que l'absence de fondations plus anciennes nous laissent
penser que la demeure fut érigée ex nihilo. Malheureusement très peu de
sources sont parvenues jusqu'à nous et l'étude de la bâtisse est
essentiellement possible grâce à un plan d'intendance datant de 1784 ainsi
qu'à la documentation de la DRAC d'Amiens. Les documents consultés ainsi que
le petit bâtiment servant actuellement de logement au gardien et qui
appartenait aux anciennes dépendances du château, laissent supposer qu'un
manoir seigneurial existait déjà, à un autre emplacement, sur les terres du
domaine au siècle précédent. En outre, le plan d'intendance de 1784 faisant
figurer à gauche du logis un amas de communs irréguliers qui contrastent
avec la grande régularité de ceux de droite, paraît enrichir cette
hypothèse. Architecturalement parlant la demeure est composée d'un appareil
mixte, "brique et pierre", véritablement caractéristique des édifices
aristocratiques picards. Sa mise en oeuvre, réalisée majoritairement en
brique et aux parties vives en pierre, est semblable à celle des bâtiments
élevés place Daulphine et place Royale à Farise. De fait, le château de
Flambermont n'apparaît pas comme l'expression d'une architecture locale mais
comme le fruit de l'influence de modèles royaux datant du XVIIe siècle. Le
corps de logis allongé unique présente également une élévation ordinaire. Le
bâtiment, élevé sur quatre niveaux, est en effet composé de neuf travées,
articulées autour d'une travée centrale légèrement plus large que les autres
et est coiffé d'une toiture à quatre pans. La grande rigueur de
l'ordonnancement de ses façades rappelle celles du château de Nivillers,
construit vers 1740, et celles du château de Warluis, modifié à partir de
1750. Le décor des façades est très sobre et se limite, pour l'essentiel, au
rendu de la technique de construction employée, ainsi qu'en l'usage de
claveaux en bossage qui couronnent les fenêtres de la travée centrale.
Contrairement à aujourd'hui Flambermont se situait à l'écart de la commune
de Saint-Martin-Le-Noeud. Cette dernière, orthographiée "Saint Martin Le
Neud" en 1784, se concentrait au niveau de la place de l'église de la
commune actuelle Aux Marais. L'emplacement du site castral, légèrement en
hauteur, conformément aux conseils prodigués par les théoriciens du siècle
des Lumières, permettait au maître de céans de jouir d'une magnifique vue
sur les alentours. Cette expérience visuelle est encore aujourd'hui possible
si l'on se rend au dernier étage de la demeure; à l'horizon nous apercevons,
entre autres, l'église du village Aux Marais. A l'époque, l'accès au château
se faisait via une place dégagée de toutes constructions puis, chaque
visiteur devait traverser une cour d'honneur qui était jouxtée de part et
d'autre par des cours de communs. Les communs situés à l'est devaient
probablement être essentiellement dévolus au service des écuries en raison
de leur grandeur. Nous pouvons également émettre l'hypothèse que des jardins
potagers étaient cultivés sur les côtés de la demeure. A l'arrière du
château, nous supposons qu'un jardin régulier était mis en oeuvre comme en
témoignent les différentes allées rectilignes tracées sur le plan
d'intendance. Ce jardin était possiblement doté de pièces d'eau alimentées
par la rivière d'Avelon qui coulait jusqu'au domaine. Enfin, passé le jardin
de propreté, des prés, bois et vergers s'étendaient à l'horizon.
Comblant l'absence de plan intérieur contemporain à la construction, la
visite in situ de la bâtisse offre quelques pistes quant à la distribution
des pièces qui avait été choisie par le passé. Tout d'abord, le
rez-de-chaussée accueillait indéniablement toutes les pièces du service de
la bouche telles que, par exemple, la cuisine, ou encore, les réserves. Le
premier étage était pour sa part destiné aux pièces de réception. On peut
ainsi supputer qu'un salon, une salle à manger voire une bibliothèque y
étaient présents. Le dernier étage était dédié à la sphère privée familiale,
c'est pourquoi nous pouvons avancer qu'il abritait des chambres accompagnées
de cabinets et de garde robes. Par chance, le château de Flambermont possède
encore de nos jours de nombreux éléments décoratifs témoins des modes des
siècles précédents. Les carreaux de verre soufflés colorés remontent par
exemple au premier âge de la demeure. Les cheminées subsistantes
exemplifient, quant à elles, la recherche de confort qui avait cours au
XVIIIe siècle. La première, située au premier étage, date vraisemblablement
des années 1750-1795. Son décor, très dépouillé, renvoie aux modèles
exécutés sous le règne de Louis XVI. La seconde, placée au dernier étage,
correspond davantage à l'art déployé entre 1715 et 1723. Son décor
asymétrique, représentant deux coquilles situées au centre du manteau de
cheminée, est effectivement typique des motifs privilégiés sous la régence
de Louis XV. Enfin, l'une cles pièces du premier étage comporte sur tout son
pourtour, des panneaux de lambris pouvant dater soit du XVIIIe siècle, soit
du XIXe siècle, la première datation est envisageable car les formes du
décor sculpté renvoient aux motifs du style rocaille qui se développa lors
de la minorité de Louis XV. Toutefois, s'ils furent bien réalisés au siècle
des Lumières, la grande symétrie qui règne dans le décor ainsi que la
présence de fleurs, nous laisse supposer que ces derniers dateraient plutôt
de la toute fin de la régence voire du début du règne de Louis XV. Quant à
la deuxième datation, elle est de même tout à fait plausible dans le sens ou
les motifs utilisés au XVIIIe siècle furent grandement réemployés au XIXe
siècle.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, son hall
d'entrée ; la pièce tapissée de lambris en bois servant aujourd'hui de
bureau ; la cour d'honneur ; le jardin d'agrément ; la serre ; l'ensemble du
parc et ses murs de clôture comprenant une porte charretière : inscription
par arrêté du 26 janvier 2007, modifié par arrêté du 20 janvier 2012.
château de Flambermont 60000 Saint-Martin-le-Noeud, l'édifice accueille
l’Association SATO Picardie qui traite de l’addiction sous toutes ses
formes, sa prévention, son dépistage, son traitement, notamment sur le plan
de la réinsertion professionnelle et défendre l’intérêt des personnes
touchées par cette pathologie., communauté
thérapeutique pour les usagers de drogues ou de médicaments, tel. 03 44 02
88 60.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement
Monsieur J-P Sauvage pour les photos qu'il nous a adressées afin d'illustrer
cet historique.
A voir sur cette page "châteaux
dans l'Oise" tous les châteaux répertoriés à ce jour
dans ce département. |
|