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L'ancien
château, l'église, le presbytère et un moulin se trouvaient au fond de la
vallée du Bourgel; le village d'Avernes-Saint-Gourgon s'est développé autour
du nouveau château et de sa ferme. Le château actuel a été construit dans
les dernières années du règne de Louis XV (fin XVIIIe siècle), sur les plans
de M. Henry, architecte à Paris, du temps et par les ordres de Charles
Antoine de Bernart, marquis Avernes. Il s'élève dans un parc immense au
milieu de futaies séculaires. Il est assis à l'extrémité méridionale du
vaste plateau qui s'étend entre les vallées de La Touque de l'Orbec, sur une
éminence d'ou il domine majestueusement la contrée environnante. À peu de
distance au midi, la rivière décrit des méandres dans une profonde vallée
couverte de prairies. Ce château, aux vastes proportions, présente une masse
rectangulaire, où la brique a été uniquement employée pour les angles, les
pilastres, les chaînages et les encadrements des portes et fenêtres; les
panneaux intermédiaires ont été blanchis au sable et à la chaux. Son
élévation se compose d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, d'un premier et
d'un second étage; puis de mansardes sous les toitures. Les façades des
flancs, qui regardent le nord et le midi, sont percées de onze ouvertures à
chaque étage. Les façades de côté en ont cinq seulement. Le centre de la
façade méridionale forme une avancée demi-circulaire d'un assez grand rayon,
dont le sommet est une plate-forme revêtue de plomb, d'une élévation
d'environ 35 mètres, d'ou l'on découvre une étendue immense; à l'ouest, la
vue est limitée par la futaie voisine; mais à l'est on aperçoit, à une une
grande distance, les campagnes du pays d'Ouches et du Lieuvin. Au nord,
des ailes en retour font une saillie d'environ six mètres. Le
rez-de-chaussée, de ce côté, est pour ainsi dire caché sous terre, car un
perron monumental, précédé d'une énorme terrasse, donnent accès au premier.
Puis de ce perron deux escaliers descendent au rez-de-chaussée, sous une
voûte grossièrement pavée. Sur le fronton on remarque deux écus accolés,
dont le champ ne parait avoir reçu aucun genre de décoration. Les toitures
ne se terminent pas en pointe, comme cela à lieu ordinairement, c'est à dire
qu'elles sont tronquées et se terminent pour ainsi dire en plate forme, avec
revêtement de zinc et de plomb. En pénétrant à l'intérieur, on est surtout
frappé par la hauteur des appartements. Le rez-de-chaussée est occupé par à
cuisine, l'office, des caves et des magasin de toute sorte. Au premier se
trouve le salon, a salle à manger, le billard, la chapelle, les chambres des
maîtres, etc. Au second sont de nombreuses chambres d'amis.
Le château d'Avernes est grand, mais il n'est ni monumental ni élégant; sa
splendeur consiste surtout dans son accompagnement. Une avenue de 1300
mètres de longueur sur 18 mètres de largeur, passe entre la façade
septentrionale du château et un vaste plateau couvert de chêne et de hêtres
séculaires. Ces beaux arbres, alignés géométriquement en quinconce, forment
quatre-vingt-deux rangées, distantes de six mètres les unes des autres. En
leur centre on à ménagé une vaste et belle pelouse. À la fin de 1818, époque
de la mort du dernier marquis, Avernes était sans contredit une des plus
belles et une des plus vastes propriétés de toute la Normandie. Elle se
composait de mazures, pâtures, herbages, prés, champs, taillis, futaies et
bruyères, le tout situé sur la commune d'Avernes Saint Gourgon, d'une
contenance totale d'environ 900 hectares, environ 100 hectares de taillis,
du manoir de Saint Cyr d'Estrancour... Après a mort de Charles Antoine de
Bernart, dernier marquis d'Asernes, qui arriva 1e 10 décembre 1818, ce
domaine fut divisé ainsi qu'il suit: M. le baron Louis-Eussche de Vauquelin
des Chesilles eut le château et tout ce qui était situé sur les communes
d'Aemes, du oscrenoult, de Pont-Chardon et de Canapville, en un mot la
propriété d'Avernes proprement dite. La famille de Pardieu eut pour son lot
les propriétés de Saint Cyr d'Etrancour et de Familly. Quelques temps avant
sa mort, le marquis avait donné sa ferme de la Grande-Noé à un M. Laurent
Guerrand, son valet de chambre. Le baron de Vauquelin posséda Avernes
jusqu'en 1859, époque de sa mort, après quoi il fut séparé, par lots
inégaux, entre ses quatre enfants. En 1880, c'est Emmanuel Guillaume de
Vauquelin qui possède le château d'Avernes et les terres qui en dépendent.
château de Avernes 61470 Avernes-Saint-Gourgon, propriété privée, ne se
visite pas, vestiges en très mauvais état.
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