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C’est probablement vers
1630 que François Bry de la Clergerie , avocat au parlement de Paris, fait
construire un manoir sur une colline entre la forêt et la ville de Bellême.
Sans doute simple rendez-vous de chasse, le bâtiment de style Louis XIII, en
briques et chaînages de pierre, est flanqué de deux pavillons, côté cour, et
de deux tourelles en poivrière, côté jardin. Des communs viennent compléter
l’ensemble en 1678. Vers le sud-ouest, une grande terrasse aménagée en
parterres domine le vaste domaine agricole. A la fin du XVIIIe siècle, le
comte Abrial, ministre de la justice de Napoléon 1er, entre en possession du
domaine. Il prolonge le logis de deux ailes symétriques pour en faire un
petit château. Le parc est aménagé selon les goûts de l’époque et, dit-on,
d’inspiration maçonnique. Devant le château, les terrasses ménagent des
perspectives sur le paysage alentours. Au nord, le "Musoir" regarde vers la
forêt et la ferme de la Clergerie. Plus bas, "le Pavillon du Philosophe",
petit temple classique, offre une halte contemplative près du parc boisé. A
l’angle nord-ouest, "La Tourelle" domine les prairies qui s’étendent
jusqu’aux hauteurs de Bellême. Toute la partie sud du parc est boisée de
feuillus, des allées rayonnent à partir d’un rond-point vers le saut du
loup, la rivière sèche, le bois sacré et un étang alimenté par la source des
Peignées. Au XIXe siècle, le domaine est, à la fois, une résidence agréable
et une petite exploitation agricole. Les 9 hectares du parc sont clos de
murs et des allées bordées de tilleuls et de marronniers convergent vers
l’entrée du château. En 1924, l’écrivain Roger Martin du Gard s’installe au
château qu’il achète à ses beaux-parents. Il y effectue, en 1925 et 1926,
d’importants travaux et parachève l’embellissement du parc créé par le comte
Abrial. Il ouvre des vues panoramiques sur Bellême, marque les points
sensibles du parc avec des statues (Diane, Flore, le sanglier) et plante une
allée de 140 thuyas. Les travaux sont longuement médités et réalisés avec
une grande passion pour créer un cadre propre à l’inspiration du grand
écrivain qui y réalise une importante partie de son œuvre. Il y décède en
1958 laissant le domaine à sa fille Christiane. Le 26 décembre 1999, la
dernière grande tempête du siècle s’abat sur le domaine. Elle couche, dans
un invraisemblable chaos, près de 300 arbres dont les thuyas plantés par
Roger Martin du Gard.
Deux pavillons encadrent la grille de la cour d’honneur où s’ouvre, le
portail entre deux piliers de pierres. En face, l’ancienne allée d’honneur
est encadrée de vieux tilleuls centenaires. La cour d’honneur précède, à sa
gauche, la cour des communs avec sa charmante maison de gardien et le long
bâtiment de la Grande Castille qui la ferme. Devant le château, la première
terrasse étale ses grandes pelouses régulières longées par deux doubles
alignements de tilleuls taillés en charmille. Tout au bout, à sa droite, le
"Musoir" est décoré d’une Sapho, sculpture contemporaine de Marc Vellay. Ce
petit belvédère offre une vue étendue et bucolique vers les champs, la ferme
de la Clergerie et l’orée de la forêt de Bellême. A l’opposé, sur la gauche,
une copie de la Flore des jardins de Marly orne une fontaine. En face, dans
l’axe de la terrasse, quelques marches descendent vers le bassin tréflé
dessiné par Roger Martin du Gard. De petits murets bas, ponctués de vases en
terre cuite, entourent la pelouse qui cerne le bassin où se dresse "la femme
qui marchait sur l’eau" de Marc Vellay. De chaque côté de cette seconde
terrasse, dénommée "le plat à barbe" en raison de sa forme, de vieux hêtres
et érables élèvent leurs troncs lisses telle une colonnade antique. Ils
encadrent une perspective vers le vallon entre Bellême et forêt. De la
fontaine de Flore, un chemin conduit au "Philosophe". Cette fabrique, petit
temple à colonnade dorique surmontant une grotte artificielle, symbolise la
victoire des "Lumières" sur les âges obscurs. En bas, à l’angle du mur
d’enceinte, "la Tourelle" est encadrée des énormes futs de deux hêtres
vénérables. Le parc boisé s’étend vers le sud du parc.
En longeant le mur d’enceinte, une halte près de la balustrade du saut du
loup permet de contempler les champs cultivés qui ondulent jusqu’aux
hauteurs de Bellême, couronnées de la silhouette de sa vieille église. En
face, s’ouvre la Grande Transversale, large allée bordée d’érables et de
tilleuls qui filtrent une douce lumière et laisse les rayons du soleil
caresser la statue de Diane, installée en son centre, près d’un énorme
chêne. Des allées rayonnantes s’échappent du rond-point de Diane pour relier
toutes les parties du parc. Parallèle à la Grande Transversale, l’allée du
Bréviaire est plantée de jeunes hêtres remplaçants les vieux tilleuls en
candélabre, abattus par la tempête. Plus bas, au-delà d’un grand pré encore
ponctué de quelques thuyas de l’écrivain et de pommiers, se trouve la
fontaine d’Espagne qui s’écoule dans un petit étang enfoui sous les arbres.
C’est un lieu romantique et secret, baigné de la douce pénombre des pins
sylvestres qui entourent le plan d’eau. Près d’un vieux saule pleureur qui
se penche vers la surface, un banc incite le promeneur solitaire à une
rêverie empreinte de quiétude dans le silence du bois. Le retour vers le
château s’effectue à travers un sous-bois dense de jeunes hêtres encore
accompagnés de quelques sujets plus anciens, plus nombreux auprès des
bâtiments. Des jardins potagers en terrasse descendent devant le commun de
"la Grande Castille". Aujourd’hui en herbe, ils ont conservés leurs
dispositions d’origine. Le plus bas est ourlé de buis taillés qui entourent
un bassin central et quatre carrés fleuris de rosiers. Entretenu sans aucun
maniérisme, le parc du château du Tertre a effacé les traces de la terrible
tempête.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château :
classement par arrêté du 16 mai 1979. Les façades et les toitures des
communs, à savoir : dans la cour d'honneur, le pavillon à l'angle nord-est ;
dans la cour des communs, l'orangerie, la maison de gardien datée de 1678 et
le bâtiment des anciennes écuries dit "la Grande Castille" ; la grille
d'entrée et ses piliers : inscription par arrêté du 5 février 1997. Le parc
avec l'ensemble de ses aménagements paysagers comprenant notamment : les
deux avenues d'accès ; les jardins potager et fruitier ; l'ensemble des
allées ; la terrasse bordée de tilleuls ; les fabriques en totalité : le
temple du philosophe et la tourelle ; la rivière sèche et son pont en
briques ; la source et l'arche qui la surplombe avec ses trois rochers ; le
bois sacré ; l'étang et le bélier hydraulique ; le "plat à barbe" et son mur
semi-circulaire surmonté de vases Médicis ; le cadran solaire et l'urne ;
les statues : Flore, Diane et Sanglier : classement par arrêté du 3 mars
1997.
château du Tertre 61130 Belforêt-en-Perche, tel. 02 33 73 18 30, ouvert
au public du 07 janvier au 15 septembre de 13h à 19h, pour une visite du
bureau et de la bibliothèque prendre rdv et visites hors saison également.
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