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Château de Burnand (Saône-et-Loire)
 
 

   Le fief de Burnand était sans droits de justice, mais avait à cause de son terrier des droits de directe que Philibert Cajot dans son dénombrement de 1560 évalue à 176 livres. Ce même seigneur acquit du Roi la justice, à titre de réachat au prix de 100 écus; mais, en 1551, elle fut rachetée par les habitants du lieu qui versèrent le prix d’achat pour n'être pas distraits de la châtellenie. Quelques années après, le seigneur de Burnand ayant quand même tenté de les soumettre à sa justice, on les voit, en 1578, en appeler au bailliage royal: "Les gens du Roy, tant pour l'intérest de sa Majesté que des habitants du village de-Burnant, ont dict qu’ilz sont appelans de l'appoinctement prononcé par ung se disant juge ordinaire de noble Philibert Cajot, seigneur dudict Burnant, ayant ledict prétendu juge faict deffenses esdictz habitans, sur peine decent solz d’amende, de subir jugement ailleurs que par devant luy, estant tel appoinctement nul pour n’avoir ledict prétendu juge parlé de cent solz au lieu d’ung escu et deux tiers, contre l’edict moderne de sa dicte Majesté sur le faict des monnoyes; en second lieu et pour leurs griefz, auroient soubstenu lesdictz habitans qu’ilz sont justiciables de la chastellenye royalle de Sainct-Gengoulx et non d’ailleurs, estant le village et paroisse dudict Burnant l’ung des unze villages d’icelle chastellenie"; jugement qui met lesdits habitants sous la sauvegarde du Roi; requête desdits habitants, démontrant que, malgré ladite sauvegarde, le fils dudit Philibert Cajot et le seigneur de Malfontaine, son gendre, sont entrés par force dans les maisons de plusieurs d’entre eux, et y ont outragé à coups d’épées et de bâtons les hommes, les femmes et les enfants, "ne se contentant le dict sieur de Burnant d’avoir usurpé les communaultes desdictz habitans, mesme leurs propres terres et les grandz chemins", publiez dont il a fait garenne. Ce n’est qu’en 1579 qu’une transaction mit fin au différend. En 1642, Charlotte de Brie, veuve de Philibert Cajot, troisième du nom, donne son château aux Augustins Déchaussés. Peu après, Philibert, son fils, vendit à ces religieux tous droits et rentes nobles au prix de 2.000 livres.

Comme seigneurs de Burnand nous trouvons: Philibert Cajot, écuyer, gendarme de la compagnie d’ordonnance du maréchal de Tavannes qui vivait en 1525 et testa le 1er décembre 1580. De son alliance (1543) avec Claudine de Saint-Anthot, fille de Nicolas de Saint-Anthot et de Sébastienne Thiard, il laissait un fils, Philibert, dont l’article suit, et quatre filles, dont l’une, Guillemette, mariée à Bénigne du Rousset, seigneur de Malfontaine. Philibert II de Cajot, écuyer, seigneur de Burnand, de Saint-Clément-sur Guye, homme d’armes du vicomte de Tavannes, en 1575, fut aux États du pays en 1581 et 1584. De son mariage (20 mai 1575) avec Philiberte Boyer de Chamlecy, fille de Jean, seigneur de Chamlecy et de Saillans, il eut trois fils dont Philibert, qui suit. Eléonore de Cajot, écuyer, seigneur de Saint-Clément, tué au siège de Crévecœur, en 1616. Robert de Cajot, religieux de l’abbaye de Tournus, grand vicaire de l’abbé de Larochefoucauld, mort en 1637. Philibert III de Cajot, seigneur de Burnand, l’Ordre, Biolay et La Chas sagne. Guichenon nous dit qu’il fut nourri page du maréchal de Biron, après la mort duquel il fut homme d’armes de la compagnie d’ordonnance du duc de Bellegarde, puis plusieurs fois capitaine aux régiments de La Grange et de Trimont, et mourut en Piémont le 8 septembre 1625. Il était allié à Charlotte de Brie, qui devenue veuve, donna en 1642 son château aux Augustins Déchaussés et se retira en Bresse. Son fils Philibert IV de Cajot, époux de Jacqueline de Bellecombe, fille du seigneur de Chasselas, remettait, peu après, aux Religieux tous droits et rentes nobles pour le prix de 2.000 livres. Cayot: armes d’azur à une fasce d’or surmontée d’un croissant d’argent. En 1791, le château et les biens en dépendants, fut vendu pour 78.000 livres à Montmessin. Vers 1865, le vieux manoir a été magnifiquement restauré en utilisant des matériaux prélevés au château de La Serrée par le propriétaire de l'époque, M. de Lavernette-Saint-Maurice. (1)

A flanc de coteau, au dessus de Burnand, le château ressemble à une fantaisie néogothique, hérissé de tourelles et de créneaux. En fait, les dessins anciens nous apprennent qu'il s'agit d'une restauration appuyée de 1865, mais qui reprend globalement les volumes de la maison forte médiévale. Le corps de bâtiment principal est un édifice rectangulaire dont la façade principale s'ouvre au sud-est. Sa porte est aujourd'hui inscrite dans une tour-porche couronnées de deux échauguette, qui semble être une invention de 1865. L'angle ouest du logis est garni d'une tour circulaire, dont les bases sont équipées de canonnières à ébrasement externe, vraisemblablement authentique. Une deuxième logis, de même axe et de même dimension, est construit sur l'angle sud du premier. Ce logis sud est flanqué de trois tours: deux basses sur les angles ouest et nord, et une tourelle d'escalier et de guet sur la façade sud-est, dans l'angle formé avec le bâtiment sud. Le château est précédé au sud-est par une cour ceinte de murailles. On y entrait par un porche contigu à l'angle sud du bâtiment sud, défendu par une bretèche très restaurée. La courtine était originellement desservie par un chemin de ronde couvert, détruit lors de la restauration. La cour est protégée au sud par une tour ronde, qui a été affublée de créneaux au moment de la restauration.

château de Burnand 71460 Burnand, propriété privée, ne se visite pas, propriétaires pas sympathiques, refus de nous laisser prendre des photos dans le parc, celles figurant sur cette page sont réalisées de la route avec téléobjectif !

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château de Burnand château de Burnand  château de Burnand
 
 
château de Burnand  château de Burnand
 
 
 


(1)    Le Mâconnais historique. Seigneurs, châteaux, par François Perraud. Imprimerie Protat frères, Mâcon (1921)


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