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Première mention dans le cartulaire de l'église
d'Autun: en 1122, Robert d'Igornay est témoin du seigneur de Glenne dans un
conflit avec l'église d'Autun. En 1313, le lundi devant la Toussaint, "à
Argilly, Hugue, duc de Bourgoigne, à nos amés et feaulx madame Alluys, dame
Dygornay et à monseigneur Guy des Barres, son fils salut. Nous avons donné
quitté et délivré a toujours mais à notre amé et foiaul chevalier,
monseigneur Girard de Chastoillon, seigneur de la Roiche le fye de la maison
fort d'Ygornay de ladite ville et des appartenances. Vidimus d'une lettre
(même date) : Nous Hugues, duc, donnons à notre amé et feal chevalier,
monseigneur Girard de Chastoillon, seigneur de la Roiche le fie de la maison
forte d'Ygornay de ladite ville et des appartenances en notre vierie d'Ostun,
lequel fie tienent de nous madame Aluis de Bleneauls, dame dudit lieu et
messire Guy des Barres, son fils et généralement tout ce que ladite dame et
sondit fils tiennent de nous en notre baronnie". En 1373, dénombrement rendu
par Hugues de Lespinasse, sire d'Ygornay, chevalier, tant en son nom que au
nom de Marguerite de Thianges, sa femme, "de sa maison forte d'Ygornay,
ensemble les fossés, aisances, pertinences et appartenances d'icelle, plus
le verger de la maison, les prés et les terres gaignables et tiersables à
Igornay, la Varenne, Visignot, Villeneuve et Voyen, l'estang d'Igornay,
ensemble le molin et boutour dudit estang et l'étang du bois, bois,
tenanciers, dîme, justice haute, moyenne et basse, rivière".
En 1430, Ygornay : où il y a forteresse, serfs de Oudard de Lespinace. les
16 et 17 août 1440, consécration et dédicace de l'église paroissiale de
Saint-Symphorien d'Igornay, avec la consécration des autels et bénédiction
des cimetières par l'évêque de Bethléem 'Antoine Buisson) commissaire député
par le pape et le cardinal évêque d'autun (Jean Rolin) à la requête de
Guillaume de Sercey, seigneur d'Igornay, et des habitants, lesquels,
auparavant des temps de guerre et de peste, étaient desservis en deux
églises, l'une au château et l'autre dehors. Le 10 juin 1441, supplique que
Guillaume de Cercy présente au pape Eugène IV : "Bien qu'anciennement la
paroisse d'Ygournay ait été très peuplée et que, pour la commodité des
paroissiens, elle ait eu deux églises, ne formant cependant qu'une seule
église paroissiale, avec deux cimetières, et qu'elles aient été d'ancienneté
instituées et consacrées, l'une étant dans la forteresse du lieu, et l'autre
assez près, comme à un trait d'arbalète, ces deux églises pouvant être
convenablement entretenues par les paroissiens, néanmoins, à cause des
guerres et des autres pestilences qui, O douleur, y ont sévi, la population
du lieu a diminué à ce point qu'elle n'a plus la possibilité d'entretenir
convenablement ces deux églises et d'en supporter les charges. Il apparaît
donc qu'une seule suffirait aux besoins des paroissiens". Guillaume demande
que l'église située dans le château soit réduite au rang d'une chapelle
dépendant de l'autre, qui serait désormais la seule paroissiale.
Peincedé mentionne : "en 1461, Ygornay où il y a parroiche et une forteresse
et sont les hommes de ladite parroiche au seigneur de Sercey, lequel pour la
réparation de ladite forteresse a contraint lesdits parroichiens à faire les
murs, tours et fossés tout à leur dépens, et avec ce ont esté leurs biens et
terres tempestés. Et sont lesdits hommes tous francs (42 feux)". En 1504,
Anne de Baissey, veuve de Guillaume de Villers, reconnaît tenir en fief du
roi "le chastel et maison forte d'Igornay, ensemble les fossés, jardin et
vergers étant alentour dudit chastel, le verger contenant environ huit
soitures de prey étant du domaine de l'ostel de ladite maison fort". En
1580, partage successoral entre Jean et Guillaume de Saulx. Jean de Saulx
eut les chastels et maisons fortes de Sully, Repas, Igornay et la Marche. En
1593, Nicolas Thouin est capitaine du château d'Igornay. Dessertenne écrit
en 1757 : le château d’Igornay aussi bien que l’église sont situées dans la
plaine marécageuse au milieu d’une petite isle que forme la rivière
d’Arroux. L’église est à environ trois cents pas et au levant du château, et
le château tout auprès de mon village. Il y a des planches posées sur cinq
piliers de pierre de taille qui traversent la rivière d’Arroux, servant
d’écluse au moulin qui est au milieu de mon village, de communication à
l’église pour le curé et les paroissiens, et de chemin public aux étrangers.
Annuaire 1869, Igornay : château ayant conservé quelques restes de ses
anciennes fortifications.
Sur le plan de 1827, le château d'Igornay forme un ovale de 74 mètres du
nord au sud pour 53 d'est en ouest, flanqué de sept tours rondes ou carrées.
Il a gardé globalement la même disposition, même si le plan initial est
moins lisible à cause des différents remaniements tardifs. Il est bâti sur
la rive orientale de l'Arroux, mais au centre du lit majeur, sur une petite
île, alors que le village d'Igornay s'est développé sur la rive occidentale.
Le château est constitué de plusieurs corps de logis avec tours de
flanquement, autour d'une cour ovale. L'enceinte a été ouverte au sud, sur
le chemin commun, mais l'entrée primitive se faisait à l'est, face au bourg
et à l'église. Cette porte a été détruite, et il n'en reste que quelques
blocs de pierres. A main droite, au nord, la courtine sert d'appui à des
bâtiments modernes. L'angle nord est flanqué d'une tour en fer à cheval de
deux étages. Le rez-de-chaussée, à plafond planchéié, est équipé d'archères
canonnières à niche de tir recouverte d'un plein-cintre. Les étages sont
équipés de baies, de cheminées à base prismatiques et de latrines dans
l'angle. Un linteau de porte à accolade porte les armes des Sercey, à trois
fasces ondées.
Les deux tours occidentales visibles sur le plan cadastral ont disparues. La
tour sud-ouest est une tour en fer à cheval. Les modifications malheureuses
de ces dernières années laissent néanmoins visibles une trace de baie à
accolade sur cour. La courtine sud est détruite. La tour sud-est est une
tour carrée à hourd de brique. Les chaines d'angles sont formées de
plusieurs pierre par rang. Le rez-de-chaussée est percé de trois
archères-canonnières. Le premier étage de deux archères-canonnières de
flanquement, et d'une baie à traverse au sud. Au dessus, le hourd est porté
par des consoles à triples ressauts. Le parement est en brique, et la
toiture de tuile pyramidale repose sur une armature interne posé sur les
murs de pierre. Le corps de logis sud-est est ancien. Il a conservé ses
fenêtres à croisillon à l'extérieur. Les fossés, larges de huit à vingt
mètres, sont nettement visibles sur le plan cadastral, et partiellement
conservés au nord du château. (1)
château d'Igornay
71540 Igornay, propriété privée, ne se visite pas.
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