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Le château de
Saint-Germier est surtout célèbre pour avoir appartenu longtemps à la
puissante famille de Toulouse-Lautrec. En 1255, le vicomte Isarn de Lautrec
hérita de son père Sicard, petit-fils du fondateur de la lignée des
Toulouse-Lautrec, de la seigneurie de Saint-Germier en même temps que de
celles de Montfa et de Montredon. Après le 10 juin 1569, lorsque Pierre de
Lautrec dut se rendre dans son
château de Montfa devant le baron de
Biron, envoyé par Henri de Navarre et le prince de Condé, c’est le seigneur
de Saint-Germier qui obtint pour son pauvre cousin des conditions de
reddition avantageuses. La petite histoire a retenu qu’une
Lautrec-Saint-Germier, Catherine, était marié dans le dernier quart du XVIe
siècle à François de Sabattier de Lombers, auquel Guillaume de Genibrousse
avait vendu son château d’Arifat en 1580. Ancien conseiller du roi,
Sabattier ne profita pas longtemps de son bien puisqu'il fut condamné trois
ans plus tard à être décapité pour crime de haute trahison. Tous ses biens
furent confisqués mais Catherine de Lautrec-Saint-Germier conserva cependant
son douaire. Malgré leur haute naissance, les Lautrec n’hésitaient pas à
s’allier à des familles de noblesse plus récente mais qui pouvaient de temps
en temps rétablir leur position financière. Ainsi, l’on sait qu’en 1617, le
marquis de Toulouse-Lautrec, seigneur de Saint-Germier, baron de Cestayrols
et du Cayla, sénéchal de Castres, avait épousé Isabeau de Lacger, qui
apportait une dot énorme de 20000 livres tournois.
C’était le prix à payer par le conseiller au parlement de Toulouse et à la
chambre de l'Édit de Castres, Jean de Lacger, pour marier aussi noblement sa
fille. Appartenant au milieu des hommes de robe protestants conscients de
leur nouvelle fortune et soucieux de copier la noblesse d’épée, Jean de
Lacger sut marier avantageusement ses enfants... Placé sur une éminence
stratégique, le château fut brûlé en juin 1625 par le maréchal de Thémines.
Le seigneur de Saint-Germier appartenait alors au parti réformé.
Pierre-Joseph de Toulouse-Lautrec, député de la noblesse aux États Généraux
avant d’être dans la région l’âme de la contre Révolution, naquit au château
en 1754. Aujourd’hui, seuls peu de vestiges nous sont conservés de
Saint-Germier, la plupart des bâtiments du château ayant été grandement
dénaturés. Une amusante tradition locale veut qu’un souterrain ait jadis
relié Saint-Germier à Montfa, autre propriété aujourd’hui ruinée des
Toulouse-Lautrec. (1)
château de Saint-Germier 81210 Saint-Germier, propriété privée, ne se visite
pas.
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