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Situé au pied d'une colline boisée, le
château de Faulin est mentionné pour la première fois au XIIIe siècle. Il
appartient alors aux Ascelin, seigneurs de Châtel-Censoir. En 1389, Jean
Bourgoin, écuier, seigneur de Faulin en partie, fait hommage au comte pour
une maison à Faulin, à cause de Chasteau-Censoy. Le 5 mai 1399, dénombrement
par Pierre le Bourgoing, "tant en son nom personnel que comme ayant le
gouvernement de Philippe le Bourgoing, de ce qu'il tient de Philibert de
Bauffremont, seigneur de Charny en Auxois, pour raison de sa tour de
Chatel-Censoir la maison de Faulin laquelle est en manage de présent; le
four dudit lieu; l'usage de Montlambert les cens de Lichères et diverses
terres". Le 12 mars 1409, partage entre Pierre le Bourgoing et Guillemette,
sa femme, d'une part, et Philippe le Bourgoing, fils de Jean et frère dudit
Pierre, d'autre part, de tous leurs biens indivis, "sauf et réservé les
terres et possessions du Morvand, dès Chastillon-en- Bazois jusqu'à
Bourbon-Lancy, qui demeureront communes. A Pierre le Bourgoing sont échus la
maison de Faulin, avec toutes les terres, prés, vignes, bois, garennes,
dismes, cens, censives, bourdelages, hommes et femmes serfs, justice et
seigneurie en dépendant…". Le 1er mai 1487, échange entre Jean de Ferrières,
chevalier, seigneur de Champlemy et de Presles, d'une part, et Jean le
Bourgoing, tant pour lui que pour Charles et Claude le Bourgoing, ses
frères, par lequel ces derniers ont acquis 65 sous tournois de rente sur la
motte de Folin et ses appartenances, plus les cens et la bourgeoisie en
ladite seigneurie de Folin, réservée audit chevalier toute la justice dudit
lieu. Jean de Ferrière reçoit en compensation d'autres redevances à
Champlemy.
La famille Le Bourgoing du Faulin, conserve le château durant trois siècles
et fait élever, à la fin du XVe siècle, le manoir actuel. Plusieurs membres
occupent des charges importantes à la cour des ducs de Nevers. Le manoir est
constitué du château et de sa basse-cour entourés par une enceinte
rectangulaire cantonnée de trois tours circulaires, d'une tour maîtresse
(donjon) et d'une tour sur plan carré. Dans la tour Est du logis, la
chapelle présente un décor peint du début du XVIIe siècle ayant pour thème
l'enfance du Christ (annonciation, nativité, adoration des mages et
présentation au temple) et le couronnement de la Vierge. Faulin a conservé
une partie du chemin de ronde qui conduit vers le donjon. La poterne est
datée 1577, date à laquelle l’ancienne poterne protégeant la haute cour a
été déplacée pour clore la basse cour. Le château actuel a été construit à
l’aube d’une nouvelle période de prospérité : de nombreux châteaux sont
construits à cette période dans un style gothique puis renaissance à la fois
plus agréable à vivre mais en gardant un système défensif, nécessaire pour
protéger les récoltes des bandits de grand chemin, des guerres de religion
et des mésententes locales. Bien que le logis soit construit avec des larges
ouvertures, Faulin est protégé par des douves sèches, un rempart conséquent
(partiellement baissé côté Ouest), de nombreux mâchicoulis, bouches à feu,
archères et assommoirs et des grilles en fer forgé sur les fenêtres basses.
La surface des bâtiments de la basse cour indique bien l’usage principal de
ce château, à savoir un fief agricole, bâti pour protéger les récoltes. La
dimension des terres agricoles est indiquée par un imposant colombier
circulaire, correspondant à une surface d’exploitation d’environ 600
hectares. En 1699, la dernière descendante des Le Bourgoing apporte le
Faulin à son époux Paul de Grivel de Grossovre, maître de camp de cavalerie,
d'une famille ancienne du Bourbonnais. Puis le manoir et son domaine passent
à David Pierre Perrinet du Pezeau, puis au comte Charles de Damas. Un Damas
le fera entrer, par mariage, dans la famille de Vogüé au début du XIXe
siècle. De cette époque datent les bâtiments d'exploitation qui entourent le
manoir.
Faulin s'élève à la base d'une colline, à environ deux kilomètres de
Lichères. Il offre un plan rectangulaire allongé, séparé en deux parties,
une basse qui a été fortement remaniée pour usage agricole, mais qui a
presque complètement conservé son enceinte et une haute avec les bâtiments
résidentiels et des défenses plus importantes. L'emplacement du pont-levis
médiéval se voit encore dans le mur d'enceinte, au-dessus des douves. Le mur
et la porte séparant la haute cour de la basse-cour ont disparu. Le logis,
de style gothique flamboyant, semble le bâtiment le plus ancien. Il possède
sur l'arrière une canonnière à rotule, modèle particulièrement rare dans le
département (deux exemplaires connus). Si certaines parties de l'enceinte
sont anciennes, elles ont été rhabillées au XVIIe siècle. On ne voit que des
embrasures pour armes à feu. La basse-cour est probablement entièrement du
XVIIe siècle, comme la grosse tour carrée avec guette qui est un pastiche
particulièrement réussi du Moyen Âge avec ses brétèches. Devant le château
une douve est encore en eau.
Éléments protégés MH: l'ensemble des parties bâties et non bâties du
domaine, à savoir : le château en totalité, y compris les murs d'enceinte et
les fossés comblés ; le colombier en totalité ; les deux jardins clos de mur
; le verger : classement par arrêté du 5 juillet 1993.
château de Faulin 89660 Lichères-sur-Yonne, tel. 06 09 74 00 68, visite pour
les "rendez-vous au printemps" et aux journées du patrimoine. Il abrite un
musée de l'innovation technique médiévale.
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