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Manoir de l'Epinay
 
 
 
manoir de l'Epinay à Saint-Hilaire-sur-Erre manoir de l'Epinay à Saint-Hilaire-sur-Erre
 
 
 

   La seigneurie de L'Epinay date de l'époque féodale. En 1218, elle appartient à Simon de Chaumont et verse la dîme à l'abbaye des Clerets. Mais il ne reste aucune trace de la construction de l'époque. Alors que la construction de la plupart des manoirs du Perche se situe à la période de la Renaissance, et plus précisément à la fin du XVe siècle et au XVIe siècle, celle de L'Epinay date pour l'essentiel de la première moitié du XVe siècle, voire pour le logis à pans de bois de la deuxième moitié du XIVe siècle. En effet, les maisons à pans de bois, très rares dans le Perche, ont succédé aux mottes féodales et ont précédé les constructions en pierre, matériau plus noble et plus résistant. La plupart de ces maisons ont disparu pendant les années terribles de la guerre de cent ans, surtout dans la première moitié du XVe siècle, où le Perche fut totalement pillé et incendié. Une autre indication nous est fournie par les cheminées du logis grâce à un élève de l'école des Chartes qui indique dans son mémoire, à propos de L'Epinay : "La disposition des conduits de cheminées, la grandeur des foyers et le décor des jambages peuvent inciter à dater le logis de la deuxième moitié du XIVe siècle". S'il en est ainsi du logis, l'ensemble défensif du manoir a été construit au début du XVe siècle, sans doute avant 1424, date à partir de laquelle cette région fut dévastée. On peut donc en conclure que c'est certainement grâce à ses fortifications que le logis a été préservé. En effet, on peut observer que le manoir est protégé par une enceinte fortifiée qui n'a d'autre usage qu'un rôle défensif; ce qui n'est plus tout à fait le cas des manoirs de la fin du XVe et du XVIe siècles, comme celui de Malaise, où les éléments de défense sont intégrés dans l'architecture des bâtiments, où ils jouent alors plutôt un rôle dissuasif, voire décoratif.
Concernant le logis, on distingue facilement deux amplifications: l'appentis situé à l'est, et la tourelle de défense avec sa bretèche (début XVe), l'appentis situé à l'ouest, avec sa corniche en brique(fin XVIIIe, début XIXe), qui figure déjà sur l'ancien cadastre de 1807. Quant aux granges, elles ont été construites, reconstruites et remaniées entre le XVe et le XIXe siècle.
Comme l'on sait, à l'époque, on construisait avec les matériaux disponibles dans un rayon d'environ une lieue (4 km). A la façon des mottes féodales, la maison n'a pas de fondations, elle est directement construite sur le roc (ce qui tend aussi à dater le logis du XIVe siècle). Il est donc vraisemblable que l'on ait extrait directement la pierre sur place, au milieu de la cour où existait une vaste excavation qui servait de fosse à fumier. Le bois, quant à lui, provient des environs immédiats, car aux XIVe et XVe siècles, le Perche, comme son nom l'indique, était une région très boisée. A l'image des édifices de cette époque, L'Epinay est construit à mi-pente et sa façade principale est orientée plein sud, suivant ainsi les principes du traité de Charles Estienne (l'agriculture et la maison rustique) "s'il y a colline, bastissez en crouppe, prenat les veues vers l'orient et si este en pays froid, ouvrez des veues au regard du midy".
Les bâtiments sont dispersés autour d'une cour fennée. L'entrée se fait par une grande porte charretière, flanquée d'une porte piétonne (il n'en existe plus que trois dans la région: l'Epinay, Champront et La Moussetière). Panni ces bâtiments, on distingue le pigeonnier (ou fuie), symbole de l'autorité seigneuriale et dimensionné à la taille du domaine. Autre élément caractéristique: la chambre "manable", adossée à l'est du logis, qui abrite un four à pain toujours en état de fonctionnement. Quant au logis, il est conçu selon un plan "en ligne", disposition classique aux XIVe et XVe siècles. Son soubassement est fait de murs en pierres dans lesquels viennent s'enchâsser des piliers de bois qui constituent l'annature de la maison constituée de pannes dont on a comblé les
interstices par du torchis. Le rez-de-chaussée comporte une grande salle chauffée par une cheminée monumentale dans laquelle est inclus un four percheron. L'étage, en cours de restauration, est actuellement desservi par un escalier à vis nouvellement édifié dans la tour de défense nord. A l'origine on y accédait par un escalier situé en façade, sans doute abrité par une tour rapportée. Mais on ne peut pas exclure l'éventualité d'un escalier droit à double ou simple rampe accolé à cette façade. La pièce principale de l'étage comporte une cheminée, sunnontée d'un linteau de bois qui a été décoré au XVIe siècle. Elle était pavée de carreaux en terre cuite gravés. La charpente qui couronne l'édifice est en châtaignier. Il s'agit d'une charpente à chevrons "portant fennes" qui n'a subi aucune modification. En conclusion, le manoir de L'Epinay est l'un des édifices les plus anciens du Perche que l'on peut dater à coup sûr de la première moitié du XVe siècle, mais dont les présomptions sont fortes pour dater le logis de la fin du XIVe siècle.
Nous n'avons pas encore pu remonter à son propriétaire initial, ce qui nous aurait permis d'être plus précis quant à son origine. Nous savons, cependant, que L'Epinay a appartenu à la puissante famille Gouin, famille de bourgeois, Officiers seigneuriaux. Robert Gouin, avocat et Bailly de Saint-Jean (Nogent-Le-Rotrou), petit-fils de Macé Gouin, notaire de Préaux, et de la Comtesse du Grand Fe (Berd'huis) et fils de Guillaume Gouin, notaire à Nogent-Le-Rotrou, est cité vers 1560 comme Seigneur de Brunelles et de L'Epinay. Son blason sur fond d'argent est formé d'une barre rouge ornée de trois "besants" d'or. Il demeure à La Rapillière et se fait aussi nommer Gouin de la Rapillière. On ne sait pas qui occupait L'Epinay à cette époque. Déjà les Brouard? Peu vraisemblable. Vers 1750, les Gouin font de mauvaises affaires et sont obligés de se séparer de L'Epinay. Ils vendent le domaine en 1751 aux Seigneurs de Malaise, les Malart; puis L'Epinay et Malaise deviennent par succession propriétés des Comtes Gouhier de Charencey. Charles-Guillaume vendra Malaise à Jeannette Brouard, et ses petits-enfants, les Comtes de Nadaillac, céderont L'Epinay à Maurice Brouard.
Mais les Brouard occupèrent L'Epinay puis Malaise bien avant d'en devenir propriétaires. A partir de quelle date? Sans doute avant la Révolution de 1789. Si l'on observe avec attention la généalogie des Brouard, on remarque que notre ancêtre René Brouard devient beau-frère d'un dénommé Jean Gouin en 1727. De là à penser que la famille Gouin (s'il s'agit de celle précitée) installe un apparenté Brouard à L'Epinay, il n'y a qu'un pas. Auquel cas notre présence en ces lieux remonterait à plus de deux siècles et demi. En tout état de cause, on a la certitude de la présence à L'Epinay du petit-fils de René précité, Jean Brouard (1763-1816). L'acte de naissance d'un de ses fils (Marin) à L'Epinay en l'an IX (1801) en témoigne. Jean Brouard habite donc L'Epinay avec son épouse Marie-Louise qui, suite au décès de son mari le neuf août 1816 se révèle être une maîtresse femme. Elle conduit à la fois la ferme et l'éducation de ses neuf enfants qu'elle confie à Louis-Arsène Meunier, précurseur de Jules Ferry. Elle installa son aîné Louis le 2 octobre 1826 à Malaise après son mariage avec Anne Pigeard en 1825. Elle laissa L'Epinay à son fils cadet Jean-François après son mariage avec Françoise Gaulard en 1827. La présence des Brouard à L'Epinay se poursuit à travers Hyppolite, puis Juste dont la soeur Alphonsine devint Mère Supérieure de l'Immaculée Conception. Juste n'a pour descendance que deux filles qui prononceront leurs voeux et deviendront Soeur Marguerite et Soeur Blandine. L'Epinay est alors successivement occupé par les Michaudel, les Eluard et les Collin, avant de revenir aux Brouard par l'intermédiaire de Maurice Brouard (de Malaise), puis d'échoir par succession, à son fils Philippe, actuel propriétaire.

Eléments protégés MH : le logis avec son décor intérieur, le colombier, les vestiges de l'enceinte fortifiée et du portail d'entrée: inscription par arrêté du 6 novembre 1990.

manoir de l'Epinay 61340 Saint-Hilaire-sur-Erre, propriété privée, ne se visite pas, ouverte aux journées du Patrimoine.

Nous répertorions tous les manoirs de France, si vous possédez des documents concernant ce manoir (architecture, historique, photos, etc.) ou si vous constatez une erreur, contactez nous.
Nous remercions chaleureusement le propriétaire, M. Philippe Brouard, pour l'historique et les photos qu'il nous a adressés afin de réaliser cette page.

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 


(1)   
Texte de loi sur le droit à l'image des biens (photos)


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(IMH) = manoir inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = manoir classé Monument Historique
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